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A NE PAS RATER …L’axe routier Tanger – Lagos ..Un projet vital pour l’intégration économique régionale … AVEC JILALI CHAFIK

 

L’axe routier Tanger-Lagos, ressuscité à la suite de la visite de Sa Majesté le Roi au Nigéria, est retenu dans l’ossature principale des axes transafricains devant relier le Nord au Sud et l’Est à l’Ouest, depuis plus de trente ans. Il a fait l’objet de plusieurs résolutions pour son développement, adoptées par la commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, et par le conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), et ceux durant les deux dernières décennie du siècle dernier, proclamées par les Nations Unies pour le développement des transports en Afrique.

 

En 1984, la quatrième conférence des Ministres africains des transports a adopté la résolution 84/28 demandant la création, à l’instar des autres axes transafricains, d’un comité directeur pour le développement de l’axe routier Tanger-Lagos. Le Royaume du Maroc, en application de ladite résolution, a organisé à Marrakech, en décembre 1985, la réunion inaugurale dudit comité directeur avec la participation de la majorité des Etats membres concernés. Cette réunion a adopté le mandat et le programme de travail du Comité et a défini le tracé de la future route.

 

L’axe Tanger-Lagos devrait irriguer les 16 pays du Nord Ouest africain à travers ses deux principales composantes : La route qui longe la côte atlantique sur une longueur de 7600 Km et la route qui emprunte à partir de Dakar, la pénétrante Dakar-N’Djamena, inscrite également parmi les liaison Est-Ouest de l’ossature des axes transafricains et passant par les capitales du Mali, Burkina Faso et Niger.

 

La route Tanger-Lagos est aujourd’hui revêtue sur plus de 70% de sa longueur. Elle relie les différentes capitales des pays traversés, bénéficie tout au long de son parcours d’un climat tempéré et traverse des zones peuplées et sécurisées. La route constitue un réel projet d’intégration économique en permettant de sceller davantage les liens de coopération entre les pays de la région.Elle débouche sur le détroit de Gibraltar, ce bras de mer qui constitue le couloir le plus court entre l’Afrique et l’Europe avec des plateformes sur ses deux rives matérialisées par le port de Tanger-Med au Sud et le port d’Algésiras au Nord.

 

La route Tanger-Lagos prend naissance à Tanger à quelque 14,5 Km de la rive européenne et traverse au Maroc, les principales agglomérations en autoroute sur une longueur de plus de 700 Km jusqu’à Agadir. Le tronçon reliant  Agadir à la frontière mauritanienne  d’une longueur de 1400 Km est entièrement bitumé.

 

La route en question traverse le territoire mauritanien sur une longueur de 730 Km entièrement bitumée, en reliant Nouadhibou à Nouakchott pour atteindre le fleuve du Sénégal. La traversée du fleuve du Sénégal constitue un point d’inflexion d’une liaison continue entre les deux pays. A la suite de la signature en 2009, d’un protocole d’accord sénégalo-mauritanien,ayant permis la mise en place d’un comité ad ‘hoc pour la coordination de la mise en œuvre du projet de pont sur le fleuve du Sénégal,les deux pays ont bénéficié d’un financement de 90 millions d’Euros alloués par la BAD, l’UE et la BEI pour la construction de l’ouvragesur 1.461 m de longueur, comportant un pont sur 800m et ses viaducs d’accès, ainsi que les aménagements connexes et le poste de contrôle frontalier. Les deux pays ont bénéficié en 2007, d’un donoctroyé par  la BAD  qui a permis de financer les études de faisabilité et socio-économiques du pont, finalisées et validées en 2015. 

 

L’aménagement de cet ouvragepermet une liaison fixe qui s’intègre dans le cadre duCorridor Multimodal Praia-Dakar-Abidjan, défini par le PIDA (programme de développement des infrastructures en Afrique) lancé par l’Union Africaine. Il s’agit de l’un des chainons manquants sur le corridor Tanger-Lagos.

Au Sénégal, la route relie les villes de Rosso et M’pack sur 840 Km de long, le long de la côte atlantique. Ce tronçon est entièrement bitumé à l’exception de la liaison entre Ziguinchor et la frontière avec la Guinée. Toutefois ce réseau bien qu’il soit revêtu nécessite un entretien afin qu’il réponde aux normes de liaison internationale.

Au delà du Sénégal, le route côtière dessert les Etats de la région dans des conditions difficiles se caractérisant par des zones marécageuses et un réseau qui manque d’entretien et ce, jusqu’à la frontière avec la Côte d’Ivoire. Toutefois, une alternative permettant de relier Dakar à Abidjan via le Mali, présente l’avantage d’être plus courte et de bonne qualité par rapport à la côtière et sur laquelle se greffent des pénétrantes desservant les pays côtiers.

La route Tanger-Lagos a toujours suscité un intérêt particulier de la part des Etats concernés, si ce n’est l’opposition farouche de la part de l’Algérie dans son hostilité en vers le Maroc et sa stratégie de l’enclaver vis à vis de ses voisin africains et de le contrecarrer dans ses relations de coopération, sous prétexte que cette route traverse une zone conflictuelle. Cette attitude négative de la part des gouvernants algériens a été bien comprise par les responsables africains, grâce à l’action importante menée par Sa Majesté le Roi au profit des Etats de la région subsaharienne, dans le cadre de relations de coopération Sud/Sud et gagnant/gagnant. 

Néanmoins, le développement de la route Tanger-Lagosnécessite la mise en place d’un organisme adéquat impliquant les pays de la régionqui aurait pour mission de formuler une stratégie globale et un plan d’action pour son développement, superviser et coordonner les études et travaux au niveau de chaque pays et mobiliser les ressources nécessaires à l’échelon national et auprès des organismes étrangers de financement.

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