الرئيسية / كتاب البديل / A NE PAS RATER …Le gazoduc trans Afrique de l’Ouest : Un réel projet d’intégration économique régionale … AVEC JILALI CHAFIK

A NE PAS RATER …Le gazoduc trans Afrique de l’Ouest : Un réel projet d’intégration économique régionale … AVEC JILALI CHAFIK

 

L’idée de construire un réseau de gazoduc en Afrique de l’Ouest pour la commercialisation du gaz africain dans le continent et son acheminement éventuel vers l’Europe, a été lancée par la conférence des Ministres Africains des Transports et des Communications, tenue au Caire en mars 1983. Cette-ci a adopté la résolution ECA/UNTACDA/Res.83/28 relative à l’élaboration d’une étude de préfaisabilité sur la commercialisation du gaz naturel en Afrique, proposée par la délégation du Royaume du Maroc à cette conférence. Cette étude devrait examiner la faisabilité d’un tel projet et procéder à une analyse comparative entre les différents modes et schémas de transport pour la commercialisation du gaz africain.

 

La même année, la 10ème conférence des Ministres de la CEA/ONU (regroupant les Ministres africains de la Planification) a appuyé la proposition d’une telle étude, en lançant un appel à la communauté internationale et aux organisations compétentes des systèmes des Nations Unies, afin de mener à bien cet important projet.

 

L’étude en question a été confiée à un groupement de bureaux d’études allemand et autrichien et a été clôturée en février 1990.  Elle a couvert les 15 pays africains producteurs ou potentiellement producteurs de gaz. Les principales conclusions de l’étude se résument comme suit :

 

  1. Grâce aux réserves importantes prouvées en gaz naturel (les réserves du Nigéria à lui seul, sont de l’ordre de 5.200milliards de mètres cubes), l’Afrique pourrait être en mesure de répondre à la demande du continent et de se positionner sur le marché international, notamment européen, eu égard à sa position privilégiée aux confins de l’Europe et à l’importance des échanges commerciaux entre les deux continents ;
  2. La commercialisation du gaz naturel en Afrique ne dépasse guère les 40% de la production des pays africains. De plus, 50 milliards de mètres cubes sont perdus chaque année en raison du manque d'infrastructures pour les capturer ;
  3. Parmi les systèmes de conduite et de modes de transport pour la commercialisation du gaz en Afrique, étudiés et comparés, le projet de réseau de gazoduc reliant le Nigéria au Maroc serait le plus avantageux et pourrait aider les pays africains non producteurs à s’approvisionner le long de son trajet en contribuant notamment, à l’intégration régionale des économies des pays de transit, à l’amélioration du niveau de vie de leurs populations par la création d’emplois pendant la construction et l’exploitation du gazoduc et au respect de l’environnement, en préservant les forêts africaines en nette réduction et en réduisant de manière conséquente les émissions de gaz à effet de serre.
  4. Ce projet de gazoduc partirait du golfe de Guinée au Nigéria, passerait par le Niger, le Mali et la Mauritanie, déboucherait au nord du Maroc sur le détroit de Gibraltar et se prolongeraiten Espagne. Il aurait une longueur terrestre de 4.200 km avec une conduite principale conçue pour une capacité maximum d’environ 100 millions de m3 par jour et un diamètre d’environ 1,5m. Le projet présente un taux interne de rentabilité financière (TIR) encourageant.

 

Le choix de la traversée du détroit de Gibraltar est dicté par des considérations d’optimisation du tracé dans sa partie marine, en présentant des conditions techniques et économiques avantageuses. Il s’agit du couloir reliant le Cap Spartel au Maroc à Punta Paloma en Espagne dont la distance reliant les deux rives est de 45 km et dont la profondeur maximum est inférieure à 300 m. Ce couloir à fait l’objet d’intense études d’investigations marines et a servi à la réalisation du gazoduc en exploitation entre l’Algérie, le Maroc et l’Europe.

 

Ceci est de nature à réduire de manière conséquente les coûts de construction, d’exploitation et d’entretien de la traversée de la Méditerranée, comparativement à d’autres couloirs, notamment celui reliant Beni Saf près d’Oran en Algérie à Almeria en Espagne. Ce dernier s’étend sur une distance de 200 km et traverse des profondeurs qui dépassent les 900 m.

 

Les conclusions de l’étude susmentionnée, ont été examinées et adoptées par la conférence des Ministres Africains des Transports et des Communications et le projet devrait faire l’objet d’une étude exhaustive de faisabilité pour établir sa viabilité technico-économique.

 

Néanmoins, l’Algérie dans sa politique hégémoniste et son hostilité à l’égard du Royaume du Maroc, a saisi l’opportunité d’amélioration de la coopération politique et des relations bilatérales avec le Nigéria, durant la décennie 2010, pour relancer le projet à son profit en écartant le Maroc de son tracé et en faisant fi des résolutions adoptées par les instances africaines. Ainsi, une nouvelle étude de faisabilité technico-économique a été réalisée par un bureau d’études anglais, pour le compte de la société algérienne Sonatrach et son homologue nigériane, ayant conduit à des conclusions satisfaisantes.

 

En juillet 2009, un accord intergouvernemental a été signé entre l’Algérie, le Nigéria et le Niger pour la construction de ce projet, dans sa nouvelle version, dénommé « Trans Sahara Gas Pipeline » (TSGP) dévié du détroit de Gibraltar vers le couloir Beni Saf – Almeria pour la traversée de la Méditerranée, en projetant sa mise en service à l’horizon 2015.

 

Le TSGP aurait une longueur terrestre de 4.128 km (25% au Nigéria, 20% au Niger et 55% en Algérie), avec une conduite d’un diamètre de 1,3 à 1,5 m et une vingtaine de stations de compression, permettant d’acheminer entre 20 et 30 milliards de m3 par an. Le coût global de construction est de l’ordre de 13 milliards de US$ (prix 2010).

 

Or, ce tracé n’a jamais suscité l’intérêt de la communauté africaine et pose beaucoup de problèmes liés à la traversée de zones insécurisées au Nord du Niger,connue par la présence d’Al Qaida au Maghreb Islamique, organisation armée maitrisant particulièrement le terrain qui prend de plus en plus de l’ampleur, de zones très peu peuplées facilitant son sabotage et à son coût de sa construction notamment dans sa partie maritime.

Aujourd’hui, le projet initial, approuvé au préalable par les instances africaines, a été remis sur le tapis, à l’occasion de la visite au Nigéria, de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, avec une nouvelle vision stratégique. Celle de faire bénéficier l’Afrique de ses ressources naturelles pour un développement économique durable permettant la préservation des forêts en dégradation perpétuelle du fait de l’action conjuguée de l’homme et de l’impact de la désertification et la réduction du gaz à effet de serre. En effet, la mise en place d'un réseau d'infrastructures gazoduc couvrant les 15 pays de l’Afrique de l’Ouest permettrait à celle-ci d'étendre et de sécuriser ses services énergétiques d'une manière rentable. Le projet constituerait  un instrument de cohésion, indispensable à un développement harmonieux et durable de la Communauté de l’Afrique de l’Ouest en favorisant la mise en place d’un espace économique intégré. Il devrait permettre à l’Europe de diversifier ses sources d’approvisionnement, en fournissant une autre plate-forme pour une énergie durable et fiable.

La réalisation de ce projet se heurtant, néanmoins aux contraintes financières dans une période de vaches maigres, devrait dans son tracé éventuel minimiser le nombre de pays traversés et éviter les zones insécurisées. Il traverseraitles territoires des pays suivants avec des branchements vers les autres pays situés le long de la cote atlantique:

 

  1. Au Nigéria, le projet prend naissance au Delta du Niger, et se prolonge vers le Nord du pays, jusqu’à la frontière Nord-Ouest avec le Niger.
  2. Au Niger, le projet transiterait par la partie Sud-Ouest le long de la frontière avec le Burkina Faso dans une zone qui reste à l’abri de l’insécurité de la zone sahélienne.
  3. Au Mali, le futur gazoduc traverserait le territoire dans sa partie oblique au Sud des villes de Gossi et Tombouctou, des zones peuplées et clémentes par rapport au Nord du pays.
  4. En Mauritanie le projet pourrait suivre le tracé de la route sécurisée reliantles villes de Nema et Nouakchott, se prolongeant le long de la côte atlantique vers la frontière avec le Maroc.
  5. Au Maroc le projet suivra la côte Atlantique, jusqu’au détroit de Gibraltar, avec la possibilité d’emprunter le gazoduc trans détroit de Gibraltar réalisé par les européens loin des contraintes algériennes.

 

Quant à sonfinancement qui reste à boucler, le projet ne devrait pas soulever de contraintes importantes au regard de son taux de rentabilité économique et financière et ses impacts sociaux sur la région de l’Afrique de l’Ouest. Des sociétés pétrolières à l’instar de Total et Shellontdéjà manifesté un intérêt particulier à sa réalisation.

 

Toutefois, la concrétisation du projet devrait franchir beaucoup d’étapes, notamment la signature d’accords intergouvernementaux entre les pays de transit, l’harmonisation des normes de réalisation du gazoduc, les études d’impact du projet sur l’environnement, le calcul du prix réel de l’unité transportée, la signature d’une directive commune entre l’Union européenne et l’Union africaine chargée de gérer ce projet et destinataire du gaz nigérian, le problème de la traversée des frontières, l’entrée en vigueur probable des accords de l’UMP, l’inexpérience des pays africains de transit pour gérer rationnellement les grands ouvrages de transport, les droits juridiques…

Le gazoduc trans-Afrique de l’Ouest est un ouvrage qui contribuera indéniablement à une meilleure intégration économique durable de la région de l’Afrique de l’Ouest, grâce ses impacts sur l’attractivité des investissements directs étrangers, la compétitivité des industries, la création d’emplois et la préservation de l’environnement.

اترك تعليقاً

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *

error: المحتوى محمي !!