{"id":3675,"date":"2016-04-01T22:23:10","date_gmt":"2016-04-01T22:23:10","guid":{"rendered":""},"modified":"2018-03-24T07:08:33","modified_gmt":"2018-03-24T07:08:33","slug":"a-ne-pas-rater-la-delinquance-des-jeunes-les-causes-et-les-remedes-avec-jilali-chafik","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/badilpress.com\/?p=3675","title":{"rendered":"A NE PAS RATER \u2026. \tLa d\u00e9linquance des jeunes : les causes et les rem\u00e8des \u2026. AVEC JILALI CHAFIK"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>introduction<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La responsabilit&eacute; fondamentale des pouvoirs publics r&eacute;side dans la lutte contre les diff&eacute;rentes menaces pouvant porter atteinte aux citoyens, &agrave; leurs biens ou &agrave; l&rsquo;activit&eacute; &eacute;conomique. Cette responsabilit&eacute; implique une analyse des risques et des menaces &eacute;ventuelles, la d&eacute;finition d&rsquo;une politique de pr&eacute;vention et de protection et une mise en place des moyens humains et mat&eacute;riel pour la mise en &oelig;uvre de programmes de recherche et de d&eacute;veloppement en solution de s&eacute;curit&eacute;.<\/p>\n<p>Dans ce cadre, la lutte contre la d&eacute;linquance en particulier et la violence en g&eacute;n&eacute;ral, notamment chez des jeunes de moins de 30 ans, fait partie des principales missions du maintien de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure de l&rsquo;Etat. Elle constitue une composante essentielle du d&eacute;veloppement humain dans son sens le plus large et rev&ecirc;t une importance capitale et une n&eacute;cessit&eacute; imp&eacute;rieuse pour consolider davantage le sentiment de s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure chez les citoyens, prot&eacute;ger les jeunes contre la d&eacute;rive vers la d&eacute;linquance et le terrorisme et leur pr&eacute;parer un avenir prosp&egrave;re en leur permettant de prendre la place qui est la leur&nbsp;; celle d&rsquo;&ecirc;tre un levier pour le d&eacute;veloppement &eacute;conomique et social du Maroc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La pr&eacute;sente contribution a &eacute;t&eacute; pr&eacute;par&eacute;e sur la base du v&eacute;cu quotidien et des informations et donn&eacute;es, glan&eacute;es par ci et par l&agrave; et une approche m&eacute;thodologique et scientifique. L&rsquo;&eacute;tude de la d&eacute;linquance est certes, un ph&eacute;nom&egrave;ne de soci&eacute;t&eacute; difficile &agrave; cerner et &agrave; mesurer avec pr&eacute;cision, car, il est li&eacute; &agrave; de nombreux facteurs l&eacute;gislatifs et sociaux et est variable dans le temps et dans l&rsquo;espace. D&rsquo;autant plus qu&rsquo;on ait jamais assur&eacute; d&rsquo;avoir enregistr&eacute; tous les d&eacute;lits, sachant que ceux qui en commettent cherchent toujours &agrave; les dissimuler.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Selon les donn&eacute;es pr&eacute;sent&eacute;es par le Ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur, en 2012 le nombre de faits de d&eacute;linquance recens&eacute;s au Maroc, est d&rsquo;environ 600.000, ce qui repr&eacute;sente en moyenne 17 crimes pour 1.000 habitants, et peu de meurtre avec un taux d&rsquo;homicide d&rsquo;environ 0,4 cas pour 100.000 habitants. Le taux d&rsquo;&eacute;lucidation des enqu&ecirc;tes serait de 86%.En 2013<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\" title=\"\">[1]<\/a>, le nombre d&rsquo;affaires enregistr&eacute;es dans le cadre de la lutte contre le ph&eacute;nom&egrave;ne de la d&eacute;linquance urbaine a atteint 477.759 avec un taux d&rsquo;&eacute;lucidation de 92,17%, enregistrant une baisse de la criminalit&eacute; de 0,32% par rapport &agrave; l&#39;ann&eacute;e 2012. Cette baisse est due, &agrave; la pr&eacute;sence sur le terrain des &eacute;quipes de police, notamment des &eacute;quipes de motards, &agrave; un red&eacute;ploiement de policiers adapt&eacute; &agrave; la situation s&eacute;curitaire, &agrave; la constitution d&#39;&eacute;quipes sp&eacute;cialis&eacute;es disposant d&#39;une base de donn&eacute;es, ayant pour mission de compl&eacute;ter les enqu&ecirc;tes. Sur la base de ces donn&eacute;es, on peut conclure que la politique s&eacute;curitaire est aujourd&rsquo;hui relativement maitris&eacute;e et que la situation est sous contr&ocirc;le. Toutefois la vigilance doit &ecirc;tre de mise au regard de plusieurs facteurs&nbsp;: D&rsquo;abord, les &eacute;v&egrave;nements d&rsquo;instabilit&eacute; que connait la r&eacute;gion, ensuite la stabilit&eacute; politique et sociale dont jouit notre pays, jalous&eacute;e par d&rsquo;autres Etats, enfin, les positions prises par le Maroc contre le terrorisme et le radicalisme religieux et surtout la perte de l&rsquo;autorit&eacute; et de la peur des agents de s&eacute;curit&eacute;, ainsi que la tendance haussi&egrave;re des crimes violents, y compris contre les policiers et les gendarmes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>D&eacute;finition de la d&eacute;linquance<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans le dictionnaire fran&ccedil;ais, la d&eacute;linquance est d&eacute;finie comme &eacute;tant &laquo;&nbsp;la conduite caract&eacute;ris&eacute;e par des d&eacute;lits r&eacute;p&eacute;t&eacute;s, consid&eacute;r&eacute;e surtout sur son aspect social &raquo;. Elle d&eacute;signe aussi une &laquo;&nbsp;conduite individuelle caract&eacute;ris&eacute;e par des infractions ou crimes r&eacute;p&eacute;t&eacute;s&nbsp;&raquo;. Elle est synonyme de la criminalit&eacute;. Au plan juridique, la d&eacute;linquance est d&eacute;finie comme des transgressions &agrave; la loi, commises par des individus. Mais cette d&eacute;finition n&rsquo;est certainement pas satisfaisante, car, certaines infractions &agrave; la loi ne sont pas socialement comptabilis&eacute;es comme telles. Cette tol&eacute;rance concerne notamment les infractions qui sont consid&eacute;r&eacute;es comme ne pr&eacute;sentant pas de dangers pour l&rsquo;ordre public ou pour la protection des biens personnels ou publics.&nbsp; C&rsquo;est le cas par exemple, de la vente de l&rsquo;alcool aux musulmans, l&rsquo;octroi de cr&eacute;dit avec int&eacute;r&ecirc;t, <a name=\"_GoBack\"><\/a>les fraudes fiscales, les infractions au code de la route, la prostitution, l&rsquo;&eacute;conomie informelle&hellip;. Plus que &ccedil;a, cette d&eacute;finition varie en fonction de la position hi&eacute;rarchique de l&rsquo;individu dans la soci&eacute;t&eacute;, conduisant &agrave; une &laquo;&nbsp;justice &agrave; deux vitesses&nbsp;&raquo;, et induisant un sentiment tr&egrave;s fort de frustration chez les citoyens de la classe d&eacute;favoris&eacute;e, ce qui consolide le sentiment d&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure. Car les &ecirc;tres humains en g&eacute;n&eacute;ral et les marocains en particulier, admettent la mal&eacute;diction et la fatalit&eacute; divine, mais rejettent cat&eacute;goriquement la frustration (en arabe &laquo;&nbsp;Al Hogra&nbsp;&raquo;) et l&rsquo;injustice commise &agrave; leur &eacute;gard par un individu ou un groupe d&rsquo;individus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais la d&eacute;finition de la d&eacute;linquance n&rsquo;est pas non plus universelle et varie d&rsquo;un pays &agrave; l&rsquo;autre. Certains pays tol&egrave;rent par exemple le mariage homosexuel, la monopaternit&eacute;, le port d&rsquo;armes &agrave; feu ou la vente et la consommation de drogue, d&rsquo;autres proc&egrave;dent &agrave; des pratiques coutumi&egrave;res particuli&egrave;res comme l&rsquo;excision. Cette situation rend difficile une concordance dans la d&eacute;finition commune de la d&eacute;linquance en vue de comparer l&rsquo;&eacute;volution de ce ph&eacute;nom&egrave;ne, ainsi qu&rsquo;une homog&eacute;n&eacute;isation des politiques de pr&eacute;vention et un d&eacute;veloppement de la coop&eacute;ration polici&egrave;re internationale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La d&eacute;linquance et la violence en g&eacute;n&eacute;ral, sont l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;individu ou groupe d&rsquo;individus parmi les ch&ocirc;meurs qu&rsquo;ils soient dipl&ocirc;m&eacute;s ou non, les jeunes endoctrin&eacute;s au fondamentalisme religieux ou s&rsquo;adonnant &agrave; des substances toxiques, issus de familles ais&eacute;es ou de familles pauvres, les jeunes de couples divorc&eacute;s ou tout simplement les gangs criminels ou les s&eacute;paratistes, voire des mineurs qui proc&egrave;dent au vandalisme et &agrave; des actes de violence lors de matchs de football. Elles opposent ces groupes aux autres jeunes, comme elles opposent les banlieues aux villes et surtout des cultures de la loi du plus fort au respect de la loi. Cette confrontation est certainement une source de danger pour l&rsquo;ordre social.&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Les causes de la d&eacute;linquance&nbsp;:<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le panorama des causes &eacute;ventuelles de la d&eacute;linquance est multiple. La pr&eacute;sente note en fournit les plus d&eacute;clencheurs de ce fl&eacute;au et qui se r&eacute;sument comme suit&nbsp;:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les facteurs d&rsquo;interaction sociale&nbsp;<\/strong>: Etant les formes les plus redout&eacute;es de la d&eacute;linquance, notamment chez les jeunes. Ces facteurs sont li&eacute;s &agrave; la fr&eacute;quentation d&rsquo;une personne ou d&rsquo;un groupe de personnes d&eacute;linquantes. En effet, les jeunes sont souvent r&eacute;volt&eacute;s contre la soci&eacute;t&eacute;. Ils constituent un terrain fertile qui, par insuffisance d&rsquo;encadrement familial, scolaire ou policier, peuvent &ecirc;tre entrain&eacute;s vers des groupes de malfaiteurs &agrave; m&ecirc;me de les endoctriner &agrave; l&rsquo;islamisme radical et finir par devenir des bombes mobiles et intelligentes ou &agrave; les initier &agrave; l&rsquo;asservissement &agrave; une substance (alcool, drogue&hellip;). Ils peuvent aussi s&rsquo;adonner &agrave; une activit&eacute; dont ils contractent l&rsquo;habitude par un usage plus ou moins fr&eacute;quent et qui en devient leur principal sujet de pr&eacute;occupation envahissant peu &agrave; peu tout le champ de leurs activit&eacute;s et les rendant aptes &agrave; commettre tout acte de quelque nature que se soit, pourvu qu&rsquo;ils subviennent &agrave; leur d&eacute;sir. Cette forme de d&eacute;socialisation pousse les jeunes, soit entre les bras de gens malintentionn&eacute;s pour les utiliser &agrave; des fins criminels, soit vers la constitution de groupes d&rsquo;individus partageant la m&ecirc;me ind&eacute;pendance et s&rsquo;organisant pour commettre des actes de violence.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais ces jeunes sont souvent issus de familles pauvres et recrut&eacute;s dans les quartiers p&eacute;riph&eacute;riques des grandes villes ou dans les campagnes pour des raisons diverses. On y trouve les cat&eacute;gories de jeunes qui sont en &acirc;ge d&rsquo;&eacute;tudier mais n&rsquo;auraient pas les moyens financiers de poursuivre leurs &eacute;tudes dans les villes pour y int&eacute;grer le coll&egrave;ge, le lyc&eacute;e ou l&rsquo;universit&eacute; ou tout simplement ont connu un &eacute;chec scolaire, les faisant basculer dans la d&eacute;linquance. Car, ils se trouvent dans une situation anachronique. Ils n&rsquo;acceptent plus le travail manuel et peu valorisant et ne disposent pas de comp&eacute;tence suffisante pour acc&eacute;der &agrave; des emplois r&eacute;pondant &agrave; leur ambition. Ils finissent par rejoindre les banlieues des villes, agrandissant les rangs des ch&ocirc;meurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D&rsquo;autres deviennent d&eacute;linquants &agrave; la suite de d&eacute;chirements familiaux ou de d&eacute;gradation du foyer parental. Les frustrations mat&eacute;rielles et affectives, le manque de surveillance parentale et la place du p&egrave;re au foyer comme r&eacute;f&eacute;rence, les engagent directement dans des actes d&eacute;lictueux. Les gar&ccedil;ons se mettent d&rsquo;abord &agrave; se droguer par des substances &agrave; leur port&eacute;e avant de commettre des actes r&eacute;prim&eacute;s par la loi. Quant aux filles qui pr&eacute;sentent une grande sensibilit&eacute; &agrave; la s&eacute;paration des parents, elles choisissent la voie du plus vieux m&eacute;tier du monde, la prostitution.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>N&eacute;anmoins, la d&eacute;linquance n&rsquo;est pas une cons&eacute;quence absolue de la pauvret&eacute;. Au contraire, les enfants issus d&rsquo;un milieu favoris&eacute; s&rsquo;adonnent aussi &agrave; la d&eacute;linquance, parce que les tentations et les cibles sont plus nombreuses et plus vuln&eacute;rables. L&rsquo;esprit de libert&eacute; et la protection que leurs assurent leurs parent sen les faisant b&eacute;n&eacute;ficier de passe-droits, prennent le pas sur l&rsquo;ob&eacute;issance et les r&egrave;gles de vie sociale. Les notions de bien et de mal, d&rsquo;acte l&eacute;gal et d&rsquo;interdit n&rsquo;ont pas la m&ecirc;me perception chez eux et sont sujets &agrave; caution.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les facteurs li&eacute;s &agrave; la frustration, la discrimination sociale, l&rsquo;exclusion&nbsp;et l&rsquo;injustice<\/strong>: Le processus de d&eacute;mocratisation du pays qui consolide les droits de l&rsquo;Homme et les libert&eacute;s individuelles et le r&ocirc;le que jouent la presse &eacute;crite, audiovisuelle et l&rsquo;internet dans la promotion de la libert&eacute; d&rsquo;expression, nous font vivre dans un monde transparent o&ugrave; tout acte de frustration, de discrimination sociale, d&rsquo;injustice ou d&rsquo;exclusion envers les citoyens est d&eacute;nonc&eacute; et diffus&eacute; partout et se traduirait par une prise de position parfois radicale&nbsp;: immolation, radicalisme, violation&hellip;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;illustration parfaite de ce cheminement des faits est donn&eacute;e, dans le livre &laquo;&nbsp;L&rsquo;immeuble Yacoubien&nbsp;&raquo; de son auteur Alaa AL-Aswany qui d&eacute;crit entre autres, comment on forme un d&eacute;linquant. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un &eacute;tudiant travailleur et m&eacute;ritant dont le p&egrave;re est un simple gardien d&rsquo;immeuble. Cet &eacute;tudiant voulait r&eacute;aliser son r&ecirc;ve d&rsquo;int&eacute;grer l&rsquo;une des prestigieuses institutions d&rsquo;Egypte, l&rsquo;Acad&eacute;mie de Police. Il r&eacute;ussit brillamment les examens &eacute;crits, mais il est refus&eacute; &agrave; l&rsquo;oral dans une sc&egrave;ne humiliante o&ugrave; on lui rappelle le m&eacute;tier peu valorisant de son p&egrave;re. Traumatis&eacute; par cette injustice, il &eacute;volue vers un int&eacute;grisme radical et se radicalise davantage quand il est arr&ecirc;t&eacute; par la police &agrave; la suite d&rsquo;une manifestation &agrave; l&rsquo;universit&eacute; du Caire et tortur&eacute; et viol&eacute;, puis emprisonn&eacute;. A la sortie de prison, il est pris en main par une organisation islamique qui l&rsquo;int&egrave;gre dans un camp d&rsquo;entrainement, dans le seul objectif est d&rsquo;accomplir &laquo;&nbsp;le Jihad&nbsp;&raquo; contre le r&eacute;gime m&eacute;cr&eacute;ant &agrave; ses yeux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au Maroc, des actes d&rsquo;injustice et de frustration sont malheureusement rapport&eacute;s au quotidien par la presse. Celle-cinous informe souvent que le fils de tel dignitaire a commis un acte de violence sur un agent de la circulation, ou un accident mortel, sans qu&rsquo;il soit inqui&eacute;t&eacute;. Que tel haut responsable a acquis un somptueux appartement dans le quartier chic de Paris sans que cette propri&eacute;t&eacute; ne soit inscrite dans la d&eacute;claration de son patrimoine et avec un transfert de devise occulte. La presse nous rapporte &eacute;galement que la Cour des Comptes a r&eacute;v&eacute;l&eacute; qu&rsquo;un haut responsable a proc&eacute;d&eacute; &agrave; l&rsquo;acquisition de produit m&eacute;dical onze fois plus cher que son prix normal, dont le montant global se chiffre par des dizaines de millions de dirhams, sans que la justice s&rsquo;en m&ecirc;le. On rel&egrave;ve &eacute;galement qu&rsquo;un tel responsable a &eacute;t&eacute; mis en prison pendant la p&eacute;riode d&rsquo;enqu&ecirc;te sur des malfa&ccedil;ons et qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute; sans m&ecirc;me l&rsquo;aboutissement de l&rsquo;enqu&ecirc;te. L&rsquo;Etat a certes, le droit de prot&eacute;ger ses &laquo;&nbsp;dignitaires&nbsp;&raquo; et aurait d&ucirc; &eacute;touffer ces affaires dans l&rsquo;&oelig;uf, sans qu&rsquo;elles soient mises au grand jour, autrement il fallait ouvrir une enqu&ecirc;te judiciaire pour les tirer au clair, afin de pr&eacute;server la cr&eacute;dibilit&eacute; de la justice, confirmer son ind&eacute;pendance et son efficacit&eacute;, montrer que les citoyens sont tous &eacute;gaux devant la loi et d&eacute;mentir le principe d&rsquo;une &laquo;&nbsp;justice &agrave; deux vitesses&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De tels actes sont source de frustration, d&rsquo;injustice et d&rsquo;inqui&eacute;tude et constituent un foyer de tension apte &agrave; prendre feu &agrave; la moindre &eacute;tincelle. Dans ce cas, ce ne sont pas lesdits dignitaires dont la majorit&eacute; ont assur&eacute; leurs arri&eacute;r&eacute;s ailleurs, qui joueront le pompier.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les facteurs li&eacute;s aux techniques de communication: <\/strong>Parmi ces facteurs figurent, en bonne place, la t&eacute;l&eacute;vision et l&rsquo;internet. La culture m&eacute;diatique, les vid&eacute;os et l&rsquo;internet constituent les premiers loisirs pour les jeunes et d&eacute;chainent leur passion en les transformant en accroc dans certains cas et aggravent le ph&eacute;nom&egrave;ne de d&eacute;linquance. Non seulement on y trouve des filmes de violence, mais on peut m&ecirc;me acc&eacute;der via l&rsquo;internet, &agrave; des informations tr&egrave;s dangereuses, tel le mode d&rsquo;emploi pour la fabrication de cocktail Molotov voire de bombes artisanales capables de d&eacute;cimer plusieurs individus &agrave; la fois.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les facteurs li&eacute;s &agrave; l&rsquo;insuffisance de l&rsquo;encadrement&nbsp;: <\/strong>L&rsquo;encadrement des jeunes commence d&rsquo;abord dans le giron familial qui constitue le premier cadre &eacute;ducatif. Les parents sont le principal acteur de la socialisation des enfants. N&eacute;anmoins, ceuxnotamment de la classe d&eacute;favoris&eacute;e,sont souvent d&eacute;pass&eacute;s face aux comportements de leurs enfants qui dans certains cas, connaissent plus de choses qu&rsquo;eux, ce qui modifie, de fait, leur statut au sein de leur famille entransgressant l&rsquo;autorit&eacute; parentale. Ainsi, les parents assument de mani&egrave;re moins&eacute;vidente qu&rsquo;autrefois leur r&ocirc;le d&rsquo;autorit&eacute;. Cette situation est encore plus forte quand il y a un d&eacute;chirement familial ou quand le p&egrave;re perd son emploi, ou tout simplement n&rsquo;a pas les moyens financiers pour subvenir aux besoins de ses enfants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ensuite, <strong>l&rsquo;encadrement se fait &agrave; l&rsquo;&eacute;cole<\/strong> qui doit demeurer le creuset o&ugrave; se forge non seulement le futur citoyen mais o&ugrave; l&rsquo;&eacute;ducation civique doit &ecirc;tre int&eacute;gr&eacute;e et consolid&eacute;e d&egrave;s le plus jeune &acirc;ge de l&rsquo;enfant. Il convient d&rsquo;identifier aujourd&rsquo;hui les dysfonctionnements qui ob&egrave;rent cette ambition nationale et de recenser l&rsquo;ensemble des dispositifs permettant de les combattre. Parmi ces dysfonctionnements, au del&agrave; de la d&eacute;gradation de la qualit&eacute; et de la faible employabilit&eacute; des dipl&ocirc;m&eacute;s du syst&egrave;me,il y a l&rsquo;&eacute;chec scolaire. Chaque ann&eacute;e, il y a un nombre &eacute;lev&eacute; de jeunes (plusieurs milliers) qui quittent les bancs de l&rsquo;&eacute;cole sans dipl&ocirc;me, ni formation ad&eacute;quate, conduisant &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une cat&eacute;gorie de jeunes sans rep&egrave;res, livr&eacute;s &agrave; la rueet devenant des cibles privil&eacute;gi&eacute;es pour la d&eacute;linquance et l&rsquo;int&eacute;grisme religieux. D&rsquo;autant plus que ce constat a aliment&eacute; une perception n&eacute;gative vis &agrave; vis de l&rsquo;&eacute;cole et un sentiment d&rsquo;inutilit&eacute; de l&rsquo;&eacute;ducation chez les populations d&eacute;favoris&eacute;es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;encadrement doit se faire enfin, au <strong>niveau de la soci&eacute;t&eacute;<\/strong>, &agrave; travers la promotion d&rsquo;une politique publique nationale qui mobilise l&rsquo;ensemble des acteurs parmi les autorit&eacute;s locales, la soci&eacute;t&eacute; civile et les partis politiques. Or, &agrave; l&rsquo;exception de quelques actions de b&eacute;n&eacute;volat au profit d&rsquo;enfants abandonn&eacute;s et d&rsquo;activit&eacute;s g&eacute;n&eacute;ratrices de revenus promues dans le cade de l&rsquo;INDH, on remarque avec consternation, que cet aspect ne constitue nullement une pr&eacute;occupation majeure dans les programmes &eacute;lectoraux des partis politiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Les rem&egrave;des &agrave; la d&eacute;linquance&nbsp;:<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Avant de se lancer dans la pr&eacute;sentation de solutions de pr&eacute;vention du ph&eacute;nom&egrave;ne de la d&eacute;linquance, il serait utile de s&rsquo;informer et d&rsquo;identifier au pr&eacute;alable les zones &agrave; risque et les cerner et de connaitre avec m&eacute;thodologie, les mobiles qu&rsquo;ils soient &eacute;conomique, social, politique ou autres, qui sont source de d&eacute;clenchement &eacute;ventuel de la violence. Ce travail de terrain peut &ecirc;tre men&eacute; au niveau local et coordonner au niveau central. Il doit concerner les jeunes de moins de 30 ans, la tranche d&rsquo;&acirc;ge la plus port&eacute;e sur la d&eacute;linquance; mais sans perdre de vue les groupes vuln&eacute;rables qui pourraient assurer leur encadrement &agrave; des fins de criminalit&eacute;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ensuite il faudrait d&eacute;finir une politique publique globale qui mobilise l&rsquo;ensemble des acteurs de la soci&eacute;t&eacute;&nbsp;pour lutter contre les causes &eacute;ventuelles de la d&eacute;linquance par un encadrement efficace et efficient au niveau des parents, de l&rsquo;&eacute;cole, de la mosqu&eacute;e et de la soci&eacute;t&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Au niveau des parents&nbsp;<\/strong>: La famille doit rester un lieu d&rsquo;exercice de l&rsquo;autorit&eacute;. Les jeunes ne cessent de transgresser la l&eacute;gitimit&eacute; des r&egrave;gles h&eacute;rit&eacute;es et celles de la vie sociale aux noms de libert&eacute;, de l&rsquo;&eacute;galit&eacute; et par une d&eacute;nonciation des traditions. Il serait utile, dans ce cadre, de consolider la politique d&rsquo;alphab&eacute;tisation des familles, car, il est d&eacute;montr&eacute; aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;existence d&rsquo;une corr&eacute;lation &eacute;troite entre le niveau d&rsquo;alphab&eacute;tisation d&rsquo;une famille et sa capacit&eacute; &agrave; entra&icirc;ner ses enfants sur le chemin de la r&eacute;ussite ou de l&rsquo;&eacute;checscolaire. L&rsquo;effort consenti par l&rsquo;Etat dans l&rsquo;alphab&eacute;tisation doit &ecirc;tre renforc&eacute; aussi bien dans les mosqu&eacute;es, destin&eacute;e en g&eacute;n&eacute;ral au sexe f&eacute;minin que dans les soci&eacute;t&eacute;s qui emploient la main d&rsquo;&oelig;uvre non qualifi&eacute;e. Ceci doit &ecirc;tre relay&eacute; par des campagnes de communication et d&rsquo;information &agrave; travers la presse &eacute;crite et audiovisuelle sur la d&eacute;viance des jeunes et le r&ocirc;le essentiel des parents dans la pr&eacute;vention de leurs prog&eacute;nitures contre la d&eacute;linquance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;Etat devrait aussi avoir une politique nationale sp&eacute;cifique pour les jeunes qui connaissent un d&eacute;chirement familial, en compl&eacute;ment des dispositions pertinentes du code de la famille, et ce, par la promotion et l&rsquo;aide &agrave; des associations caritatives dont le seul but est d&rsquo;assurer l&rsquo;encadrement de ces jeunes, de leur apporter le soutien scolaire n&eacute;cessaire, de subvenir &agrave; leurs besoins et d&rsquo;informer sur leur parcours de d&eacute;viance, le cas &eacute;ch&eacute;ant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Au niveau de l&rsquo;&eacute;cole<\/strong>&nbsp;: Les &eacute;tablissements scolaires ne sont malheureusement pas &eacute;pargn&eacute;s par la probl&eacute;matique de s&eacute;curit&eacute;. L&agrave; aussi, il y a une corr&eacute;lation entre d&eacute;crochage scolaire et violence &agrave; l&rsquo;&eacute;cole. Ces violences scolaires, commises soit sur des enseignants devenues de plus en plus fr&eacute;quentes, soit sur des condisciples, sont g&eacute;n&eacute;ratrices d&rsquo;absent&eacute;isme, d&rsquo;&eacute;chec scolaire, de d&eacute;pression, voire de violences en r&eacute;ponse. Ainsi, les victimes de l&rsquo;harc&egrave;lement &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, arm&eacute;s &agrave; l&rsquo;origine pour se d&eacute;fendre, ils le furent ensuite pour se venger.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;cole doit jouer son r&ocirc;le d&rsquo;autrefois comme un creuset pour forger les bons citoyens et diffuser les valeurs de citoyennet&eacute; et de progr&egrave;s, loin d&rsquo;attitude antisociale et d&rsquo;encouragement &agrave; l&rsquo;&eacute;chec. Elle constitue une source intarissable sur l&rsquo;attitude des jeunes et devrait &ecirc;tre exploit&eacute;e comme telle par des associations de parents d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves. Celles-ci doivent &ecirc;tre redynamis&eacute;es et restructur&eacute;es pour jouer un r&ocirc;le plus efficace dans l&rsquo;accompagnement du personnel &eacute;ducatif, &agrave; l&rsquo;encadrement des jeunes contre la d&eacute;rive. L&rsquo;&eacute;cole et les associations de parents d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves ont le devoir d&rsquo;aide et de participation &agrave; la gestion et &agrave; l&rsquo;&eacute;valuation de l&rsquo;&eacute;ducation et doivent conjuguer leur synergie pour lutter contre l&rsquo;absent&eacute;isme et le d&eacute;crochage scolaire, accentuer la lutte contre les violences scolaires et introduire le travail social &agrave; l&rsquo;&eacute;cole et l&rsquo;int&eacute;ressement au sport qui reste un levier &eacute;conomique important et un potentiel sans &eacute;quivoque pour ceux qui le r&eacute;ussissent, en vue d&rsquo;am&eacute;liorer leur situation sociale. En parall&egrave;le, il faut mener une campagne de communication au sein des &eacute;tablissements scolaires d&eacute;non&ccedil;ant la violence et mettant en lumi&egrave;re ses effets n&eacute;gatifs, afin d&rsquo;&eacute;viter la culpabilisation et le silence au sein de la population des jeunes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au niveau de la <strong>soci&eacute;t&eacute;<\/strong>, l&rsquo;action la plus importante vise <strong>la pr&eacute;sence polici&egrave;re sur le terrain<\/strong>. Celle-ciconsolide fortement le sentiment de s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure et a un pouvoir dissuasif consid&eacute;rable sur toutes les formes de d&eacute;linquance, et particuli&egrave;rement sur les formes de violences commises en groupe. Cette pr&eacute;sence polici&egrave;re agit positivement aussi sur le taux d&rsquo;&eacute;lucidation des enqu&ecirc;tes li&eacute;es &agrave; ce ph&eacute;nom&egrave;ne. C&rsquo;est pourquoi, il devient n&eacute;cessaire de disposer d&rsquo;une police form&eacute;e, motiv&eacute;e et encadr&eacute;e, d&rsquo;augmenter le nombre d&rsquo;agents policiers mais aussi d&rsquo;ing&eacute;nieurs et de techniciens de la police scientifique et mettre en place une capacit&eacute; permanente de veille, d&rsquo;alerte et de synth&egrave;se de l&rsquo;information. Aujourd&rsquo;hui le Maroc dispose d&rsquo;environ 60.000 policiers pour une population de 35 Millions d&rsquo;habitants, ce qui repr&eacute;sente un taux relativement bas par rapport &agrave; des pays comme l&rsquo;Alg&eacute;rie (109.000 pour 33 Millions d&rsquo;habitants) ou la Tunisie (111.000 pour 11 Millions d&rsquo;habitants) ou par rapport &agrave; des pays d&eacute;velopp&eacute;s, comme la France (143.200).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le recours &agrave; la <strong>vid&eacute;osurveillance<\/strong> dans les villes a donn&eacute; de bons r&eacute;sultats dans les cit&eacute;s europ&eacute;ennes. L&rsquo;exp&eacute;rience lanc&eacute;e dans ce cadre par la ville de F&egrave;s, scrut&eacute;e par quelques 288 cam&eacute;ras, a &eacute;t&eacute; b&eacute;n&eacute;fique. Compte tenu de son apport important dans la dissuasion contre la violence et dans l&rsquo;&eacute;lucidation des enqu&ecirc;tes, il est utile de g&eacute;n&eacute;raliser ces dispositifs, notamment dans les quartiers qui constituent un foyer pour les d&eacute;linquants. Toutefois, il faut veiller &agrave; responsabiliser la population avoisinante contre le vandalisme envers les cam&eacute;ras de surveillance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le r&ocirc;le des <strong>partis politiques<\/strong> dans l&rsquo;encadrement des jeunes pour les int&eacute;resser &agrave; la politique et &agrave; la gestion de la chose publique. Le constant est alarmant, &agrave; en juger par le taux d&rsquo;abstention aux &eacute;lections de 2007, 2011 et 2015, et qui avait touch&eacute; plus particuli&egrave;rement les jeunes en raison de la faiblesse caract&eacute;ris&eacute;e de leur encadrement par les partis politiques. Ceux-ci ont le devoir d&rsquo;assurer en leur sein la culture de la d&eacute;mocratie, la transparence, le s&eacute;rieux dans l&rsquo;organisation et la gestion, de bannir l&rsquo;utilisation de l&rsquo;argent dans l&rsquo;achat des voies et de choisir les &eacute;lus potentiels sur la base de crit&egrave;res transparents, loin des relations familiales, de client&eacute;lisme et de favoritisme.&nbsp; Ensuite, l&rsquo;Etat devrait trouver un m&eacute;canisme efficace pour l&rsquo;encadrement des jeunes par les partis politiques en ciblant les zones les plus vuln&eacute;rables, soit du point de vue social soit du point de vue id&eacute;ologique ou religieux. Les partis devraient intervenir de concert avec le pouvoir public pour encadrer les jeunes dans ces zones en les &eacute;duquant &agrave; la citoyennet&eacute;, au civisme et en les impliquant fortement dans la gestion de la chose publique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le r&ocirc;le de la <strong>soci&eacute;t&eacute; civile<\/strong> dans l&rsquo;encadrement des jeunes a son utilit&eacute;. L&rsquo;Etat doit promouvoir davantage les associations notamment dans les zones vuln&eacute;rables, &agrave; l&rsquo;instar de l&rsquo;INDH. Ces associations doivent prendre le relais des &eacute;tablissements scolaires, par l&rsquo;organisation et la gestion de foyers pour jeunes en d&eacute;veloppant des activit&eacute;s r&eacute;cr&eacute;atives et sportives&nbsp;; mais aussi en dispensant des cours de soutien et en promouvant des cybers caf&eacute;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Enfin, l&rsquo;aspect <strong>&eacute;conomique <\/strong>rev&ecirc;t une importance capitale<strong>. <\/strong>Mat&eacute;rialis&eacute; par le ch&ocirc;mage des jeunes qu&rsquo;ils soient dipl&ocirc;m&eacute; ou pas, il d&eacute;veloppe chez cette cat&eacute;gorie de la population un sentiment d&rsquo;exclusion de la soci&eacute;t&eacute;. L&rsquo;Etat doit r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; un processus d&rsquo;int&eacute;gration de ces jeunes en les regroupant en associations et en leur affectant par exemple, des parcelles de terrain collectif ou domanial sur la base d&rsquo;un contrat programme, pour ceux qui s&rsquo;int&eacute;ressent &agrave; l&rsquo;agriculture ou &agrave; l&rsquo;&eacute;levage. Il doit promouvoir l&rsquo;enseignement pr&eacute;scolaire dans les zones p&eacute;riph&eacute;riques, en accordant aux dipl&ocirc;m&eacute;s ch&ocirc;meurs des facilit&eacute;s financi&egrave;res, en coop&eacute;ration avec les collectivit&eacute;s locales, compte tenu de l&rsquo;impact de cette action &agrave; la fois sur les dipl&ocirc;m&eacute;s eux-m&ecirc;mes, et sur les apprentis. Car il s&rsquo;av&egrave;re &agrave; travers des &eacute;tudes que le pr&eacute;scolaire garantit aux jeunes apprentis le maximum d&rsquo;&eacute;galit&eacute; des chances de r&eacute;ussite dans leur vie scolaire et par la suite dans leur vie professionnelle. Un programme scolaire sp&eacute;cifique destin&eacute; &agrave; l&rsquo;enseignement pr&eacute;scolaire doit &ecirc;tre &eacute;labor&eacute; par le d&eacute;partement de l&rsquo;Education qui doit veiller &agrave; son suivi permanent et &agrave; son &eacute;valuation r&eacute;guli&egrave;re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La politique publique en mati&egrave;re de lutte contre la d&eacute;linquance des jeunes, doit impliquer &eacute;galement la <strong>justice<\/strong> &agrave; travers le d&eacute;veloppement de m&eacute;canismes alternatifs de sanctions, de redressement et de r&eacute;adaptation, plut&ocirc;t que des peines privatives de libert&eacute;. Car, il est d&eacute;montr&eacute; que la mise en d&eacute;tention des jeunes est la pire des peines, celles qui en font, des futurs criminels. Le traitement des jeunes d&eacute;linquants devrait avoir le caract&egrave;re d&rsquo;une action &eacute;ducative faisant appel aux m&eacute;thodes p&eacute;dagogiques g&eacute;n&eacute;rales, en compl&eacute;tant leur formation scolaire et professionnelle et en leur apprenant les valeurs du travail&nbsp;et la bonne utilisation des loisirs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;Etat doit mobiliser les <strong>moyens financiers<\/strong> pour mettre en &oelig;uvre sa politique. Ces moyens peuvent &ecirc;tre recherch&eacute;s aupr&egrave;s des 19 banques qui op&egrave;rent au Maroc et g&egrave;rent 17 millions de comptes. L&rsquo;Etat doit mettre en place, en coordination avec le groupement professionnel des banques marocaines (GPBM), des m&eacute;canismes juridiques pour soustraire l&rsquo;&eacute;quivalent d&rsquo;un demi-point sur les cr&eacute;dits immobiliers et de consommation. Le montant total de ces cr&eacute;dits distribu&eacute;s par les banques en 2011, s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; 677 milliards de dirhams, octroy&eacute;s avec un taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t minimum de 6%. Ce taux est consid&eacute;r&eacute; comme tr&egrave;s &eacute;lev&eacute; par rapport aux banques espagnoles, par exemple, qui affichent des taux de 2,5%ou leurs cons&oelig;urs fran&ccedil;aises qui affichent des taux de 2,83%.Ceci justifie amplement cette approche et un demi point du taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t sur le montant total des cr&eacute;dits en 2011, repr&eacute;sente 3,4 milliards de dirhams. Il devrait &ecirc;tre vers&eacute; par les banques dans un compte sp&eacute;cial destin&eacute; &agrave; la lutte contre la d&eacute;linquance en vue de financer la politique de l&rsquo;Etat en la mati&egrave;re. Cette action permettra aux institutions financi&egrave;res d&rsquo;accompagner l&rsquo;Etat dans le d&eacute;veloppement social et de jouer le r&ocirc;le de la banque citoyenne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jillali Chafik&nbsp; Expert ind&eacute;pendant<\/p>\n<p>&nbsp;Le prochain dossier portera sur&nbsp;: L&rsquo;accord agricole et de p&ecirc;che Maroc-UE et l&rsquo;imbroglio de la Cour de Justice de l&rsquo;UE<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<div id=\"ftn1\">\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\" title=\"\"><em><strong>[1]<\/strong><\/em><\/a><em>Bilan pr&eacute;sent&eacute; lors du colloque ax&eacute; sur l&rsquo;&eacute;volution de la criminalit&eacute; au Maroc et les m&eacute;canismes de protection et de la s&eacute;curit&eacute; soci&eacute;tale. Casablanca, juin 2014<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; introduction &nbsp; La responsabilit&eacute; fondamentale des pouvoirs publics r&eacute;side dans la lutte contre les diff&eacute;rentes menaces pouvant porter atteinte aux citoyens, &agrave; leurs biens ou &agrave; l&rsquo;activit&eacute; &eacute;conomique. 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