{"id":3781,"date":"2016-04-23T21:17:24","date_gmt":"2016-04-23T21:17:24","guid":{"rendered":""},"modified":"2018-03-24T07:20:27","modified_gmt":"2018-03-24T07:20:27","slug":"a-ne-pas-rater-la-pratique-de-la-corruption-au-maroc-est-ce-une-fatalite-avec-jilali-chafik","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/badilpress.com\/?p=3781","title":{"rendered":"A NE PAS RATER \u2026 La pratique de la corruption au Maroc : Est-ce une fatalit\u00e9? \u2026  AVEC JILALI CHAFIK"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span dir=\"RTL\">\u0645\u0644\u062e\u0635:<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span dir=\"RTL\">\u0625\u0646 \u0627\u0633\u062a\u0639\u0645\u0627\u0644 \u0627\u0644\u0631\u0634\u0648\u0629 \u064a\u0646\u062e\u0631 \u0627\u0644\u0627\u0642\u062a\u0635\u0627\u062f \u0648\u064a\u0636\u064a\u0639 \u0639\u0644\u0649 \u0628\u0644\u0627\u062f\u0646\u0627 \u0643\u0644 \u0633\u0646\u0629 \u0645\u0627 \u064a\u0646\u0627\u0647\u0632 40 \u0645\u0644\u064a\u0627\u0631 \u062f\u0631\u0647\u0645\u0627\u060c \u0648\u0631\u063a\u0645 \u0627\u0644\u0625\u062c\u0631\u0627\u0621\u0627\u062a \u0627\u0644\u0642\u0627\u0646\u0648\u0646\u064a\u0629 \u0648\u0627\u0644\u0639\u0645\u0644\u064a\u0629\u060c \u0648\u0627\u0644\u0627\u0647\u062a\u0645\u0627\u0645 \u0627\u0644\u0628\u0627\u0644\u063a \u0639\u0644\u0649 \u0623\u0639\u0644\u0649 \u0645\u0633\u062a\u0648\u0649 \u0644\u0645\u062d\u0627\u0631\u0628\u0629 \u0647\u0630\u0647 \u0627\u0644\u0622\u0641\u0629\u060c \u0641\u0625\u0646 \u0628\u0644\u0627\u062f\u0646\u0627 \u0644\u0627\u0632\u0627\u0644\u062a \u062a\u062a\u0645\u0631\u0643\u0632 \u0636\u0645\u0646 \u0627\u0644\u062f\u0648\u0644 \u0627\u0644\u0623\u0643\u062b\u0631 \u0627\u0633\u062a\u0639\u0645\u0627\u0644\u0627 \u0644\u0644\u0631\u0634\u0648\u0629\u060c \u0648\u0647\u0630\u0627 \u0646\u0627\u062a\u062c \u0639\u0646 \u063a\u064a\u0627\u0628 \u0627\u0633\u062a\u0631\u0627\u062a\u064a\u062c\u064a\u0629 \u0648\u0627\u0636\u062d\u0629 \u062a\u0643\u0645\u0646 \u0641\u064a \u0639\u062f\u0627\u0644\u0629 \u0645\u0633\u062a\u0642\u0644\u0629 \u0648\u0630\u0627\u062a \u0645\u0635\u062f\u0627\u0642\u064a\u0629 \u062a\u0646\u0628\u0646\u064a \u0623\u0633\u0627\u0633\u0627 \u0639\u0644\u0649 \u0627\u0644\u0645\u0633\u0627\u0648\u0627\u0629 \u0628\u064a\u0646 \u0627\u0644\u0623\u0634\u062e\u0627\u0635\u060c \u0648\u062a\u062c\u0646\u0628 \u0627\u0644\u0643\u064a\u0644 \u0628\u0645\u0643\u064a\u0627\u0644\u064a\u0646.<\/span><\/p>\n<p><a name=\"_GoBack\"><\/a>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>1. Introduction&nbsp;:<\/strong><\/p>\n<p>La <strong>pratique de la corruption<\/strong> est un ph&eacute;nom&egrave;ne <strong>soci&eacute;tal mondial<\/strong> qui alt&egrave;re le fonctionnement normal de l&rsquo;&eacute;conomie, fragilise le pays et constitue de ce fait, un frein au d&eacute;veloppement. A grande &eacute;chelle, elle peut <strong>dresser des obstacles<\/strong> &agrave; la croissance &eacute;conomique, avoir un <strong>impact n&eacute;gatif et dissuasif<\/strong> sur les investissements, <strong>miner la comp&eacute;titivit&eacute; <\/strong>et d&rsquo;une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, <strong>porter pr&eacute;judice &agrave; l&rsquo;&eacute;thique et &agrave; la morale de la vie publique<\/strong>. La lutte contre ce fl&eacute;au est au <strong>c&oelig;ur des aspirations des peuples <\/strong>et les Etats se mobilisent aux &eacute;chelons int&eacute;rieur et international pour contrecarrer cette pratique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>2. Des mesures entreprises par le Maroc au niveau national&nbsp;:<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au plan national, le Maroc consid&egrave;re, depuis plus d&rsquo;une d&eacute;cennie et au <strong>plus haut niveau<\/strong>,&nbsp; la lutte contre le fl&eacute;au de la corruption et la moralisation de la vie publique une <strong>priorit&eacute; politique<\/strong>. Il a entrepris&nbsp; diff&eacute;rentes r&eacute;formes pour contrecarrer ce ph&eacute;nom&egrave;ne, notamment&nbsp;:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>La prise en charge contre cette pratique dans la constitution de 2011, notamment dans l&rsquo;am&eacute;lioration de la gouvernance et la cr&eacute;ation de l&rsquo;Instance Nationale de la Probit&eacute;, de la Pr&eacute;vention et de la Lutte contre la Corruption (Art. 154,155 et 156, 157)&nbsp;;<\/li>\n<li>La promotion de <strong>l&rsquo;&Eacute;tat de droit<\/strong> dans le monde des affaires, dans l&rsquo;objectif de raffermir la transparence dans l&rsquo;activit&eacute; &eacute;conomique&nbsp;;<\/li>\n<li>La promotion de la <strong>transparence<\/strong> et <strong>l&rsquo;am&eacute;lioration de la qualit&eacute; des services<\/strong> publics &agrave; travers la <strong>simplification des proc&eacute;dures administratives<\/strong> r&eacute;gissant les appels d&rsquo;offres des march&eacute;s publics, dont le dahir correspondant (du 6 d&eacute;cembre 1998) a subi des am&eacute;nagements r&eacute;guliers&nbsp;;<\/li>\n<li>Le d&eacute;veloppement de <strong>l&rsquo;administration &eacute;lectronique<\/strong> et la mise en place du <strong>guichet unique<\/strong> pour les investissements&nbsp;;<\/li>\n<li>L&rsquo;intervention intense de <strong>l&rsquo;IGF et de la Cour <\/strong><strong>des comptes<\/strong> et la cr&eacute;ation de <strong>tribunaux sp&eacute;cialis&eacute;s<\/strong> dans l&rsquo;&eacute;conomie et les finances&nbsp;;<\/li>\n<li>La cr&eacute;ation en septembre 1999, de la <strong>Commission Nationale de Moralisation de la Vie Publique <\/strong>et de l&rsquo;Instance Centrale pour la Pr&eacute;vention de la Corruption (<strong>ICPC<\/strong>) et sa r&eacute;activation intervenue dans le discours Royal du 20 ao&ucirc;t 2008&nbsp;;<\/li>\n<li>La mise en &oelig;uvre de r&eacute;formes visant &agrave; am&eacute;liorer le cadre institutionnel de lutte contre la corruption, avec en particulier la cr&eacute;ation d&rsquo;une unit&eacute; de lutte contre le blanchiment d&rsquo;argent.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p>Le Maroc dispose &eacute;galement d&rsquo;un <strong>arsenal juridique moderne<\/strong> qui sanctionne s&eacute;v&egrave;rement la corruption. Ainsi, le dahir n&deg;1-59-413 du 26 novembre 1962, portant approbation du texte du code p&eacute;nal, consacre dans la IV&egrave;me section &laquo;&nbsp;<em>corruption et trafic d&#39;influence<\/em>&nbsp;&raquo;, dix articles (de 248 &agrave; 256-bis) &agrave; ce crime. Les &eacute;l&eacute;ments constitutifs du crime de la corruption sont, d&#39;apr&egrave;s l&#39;article 248&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;&eacute;l&eacute;ment humain<\/strong>: magistrat, fonctionnaire, &eacute;lu, arbitre, expert judiciaire, m&eacute;decin, chirurgien ou personnel de sant&eacute;&nbsp;;<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;&eacute;l&eacute;ment mat&eacute;riel<\/strong>&nbsp;: une sollicitation d&rsquo;un avantage quelconque ou son agr&eacute;ment (pour la corruption passive) ou l&rsquo;offre d&rsquo;un avantage (dans le cas de la corruption active). Il importe peu que cette contrepartie au pacte de corruption ait &eacute;t&eacute; effectivement re&ccedil;ue ou non&nbsp;;<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;&eacute;l&eacute;ment psychologique<\/strong>&nbsp;: une volont&eacute; de corrompre. Le d&eacute;lit &laquo;&nbsp;<em>est d&eacute;duit implicitement<\/em>&nbsp;&raquo;. La jurisprudence exige, pour qu&rsquo;il y ait corruption qu&rsquo;il y ait un lien, dans l&rsquo;esprit de l&rsquo;auteur de l&rsquo;infraction, entre l&rsquo;avantage sollicit&eacute; ou offert et l&rsquo;acte attendu du corrompu.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p>L&#39;article 251 s&rsquo;int&eacute;resse au corrupteur, sans pr&eacute;ciser sa fonction, en stipulant &laquo;<em>quiconque, pour obtenir soit l&#39;accomplissement ou l&#39;abstention d&#39;un acte, soit une des faveurs ou avantages pr&eacute;vus aux articles 248 &agrave; 250, a us&eacute; de voies de fait ou menaces, de promesses, offres, dons ou pr&eacute;sents, ou autres avantages, ou c&eacute;d&eacute; &agrave; des sollicitations tendant &agrave; la corruption, m&ecirc;me s&#39;il n&#39;en a pas pris l&#39;initiative, est, que la contrainte ou la corruption ait ou non produit son effet, puni des m&ecirc;mes peines que celles pr&eacute;vues auxdits articles contre la personne corrompue<\/em>&raquo;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Par ailleurs, l&#39;article 256-1 compl&eacute;t&eacute; par le dahir n&deg; 1-04-129 du 15 septembre 2004, portant promulgation de la loi n&deg;79-03, fait b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une excuse absolutoire, le corrupteur, qui d&eacute;nonce aux autorit&eacute;s judiciaires une infraction de corruption, lorsque la d&eacute;nonciation a eu lieu avant de donner suite &agrave; la demande pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; lui &agrave; cet effet, ou s&rsquo;il &eacute;tablit dans le cas o&ugrave; il a donn&eacute; suite &agrave; la demande de corruption que c&rsquo;est le fonctionnaire qui l&rsquo;a oblig&eacute; &agrave; la verser.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les peines encourues par les contrevenants sont l&rsquo;emprisonnement de <strong>deux &agrave; cinq ans<\/strong> et une amende de 2.000 &agrave; 50.000 dirhams et de <strong>cinq &agrave; dix ans<\/strong> de r&eacute;clusion et 5.000 &agrave; 100.000 dirhams d&rsquo;amende, lorsque le montant en jeu est sup&eacute;rieur &agrave; 100.000 dirhams.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le Maroc n&rsquo;a cess&eacute; d&rsquo;accentuer ses efforts en vue de renforcer ses acquis et d&rsquo;am&eacute;liorer son approche&nbsp; en la mati&egrave;re. Ainsi d&rsquo;autres mesures r&eacute;glementaires ont &eacute;t&eacute; adopt&eacute;es au cours de l&rsquo;ann&eacute;e 2010 qui a connu plus particuli&egrave;rement, la publication (<em>Bulletin Officiel n&deg; 5679 du 06 novembre 2008)<\/em>d&rsquo;un dispositif juridique r&eacute;gissant la <strong>d&eacute;claration obligatoire de patrimoine<\/strong>. Ce dispositif qui a pour finalit&eacute; de moraliser davantage, la vie publique et de consacrer les principes de droit, de responsabilit&eacute;, de transparence et de protection des deniers publics, refl&egrave;te, &agrave; l&rsquo;instar des pays d&eacute;velopp&eacute;s, la volont&eacute; du Maroc <strong>d&rsquo;ancrer les valeurs du respect du droit, de l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; et de l&rsquo;exemplarit&eacute;<\/strong>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La d&eacute;claration obligatoire de patrimoine institu&eacute;e par la loi 25-92, touche <strong>l&rsquo;ensemble des responsables politiques et administratifs qu&rsquo;ils soient nomm&eacute;s ou &eacute;lus<\/strong>. Les personnes concern&eacute;es doivent pr&eacute;senter, lors de leur &eacute;lection ou de leur nomination &agrave; la haute fonction publique, une liste d&eacute;taill&eacute;e de leurs biens (mobiliers et immobilier) et des biens de leurs enfants mineurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La loi pr&eacute;cise aussi que &quot;la non-d&eacute;claration&quot; des personnes concern&eacute;es par ces dispositions les expose &agrave; &quot;des sanctions disciplinaires&quot; sans pr&eacute;ciser lesquelles. Toutefois, la loi ne pr&eacute;cise pas si ces personnes sont astreintes &agrave; faire la m&ecirc;me d&eacute;claration &agrave; la fin de leur mandat ou fonction.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la m&ecirc;me lanc&eacute;e, la<strong>Constitution <\/strong>adopt&eacute;e en 2011, a consacr&eacute; ces principes notamment par le titre 10, relatif &agrave; la Cour des comptes et aux Cours r&eacute;gionales des comptes et par les &nbsp;articles 154 et 158. L&rsquo;article 154 sp&eacute;cifie que &quot;<strong><em>Les services publics sont soumis aux normes de qualit&eacute;, de transparence, de reddition des comptes et de responsabilit&eacute; et sont r&eacute;gis par les principes et valeurs d&eacute;mocratiques consacr&eacute;s par la Constitution<\/em><\/strong>&quot;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quant &agrave; l&rsquo;article 158, il souligne que &quot;<strong><em>toute personne, &eacute;lue ou d&eacute;sign&eacute;e, assumant une charge publique doit faire, conform&eacute;ment aux modalit&eacute;s fix&eacute;es par la loi, une d&eacute;claration &eacute;crite des biens et actifs d&eacute;tenus par elle, directement ou indirectement, d&egrave;s la prise de fonctions, en cours d&rsquo;activit&eacute; et &agrave; la cessation de celle-ci<\/em><\/strong>&quot;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>3. L&rsquo;engagement du Maroc dans le concert des Nations&nbsp;:<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au plan international, l&rsquo;Organisation des Nations Unies, consid&eacute;rant que la pratique de la corruption constitue un <strong>obstacle majeur &agrave; l&rsquo;Etat de droit et au d&eacute;veloppement &eacute;conomique<\/strong>, a inscrit la lutte contre ce ph&eacute;nom&egrave;ne parmi ses <strong>objectifs prioritaires<\/strong>. La Convention des Nations unies contre la criminalit&eacute; transnationale organis&eacute;e, adopt&eacute;e en 2000 et entr&eacute;e en vigueur en septembre 2003, a &eacute;t&eacute; le premier instrument juridique de port&eacute;e universelle &agrave; comporter des dispositions contre la corruption.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le Maroc, qui a ratifi&eacute; la Convention des Nations Unies relative &agrave; la lutte contre la corruption, le 9 mai 2007, a pris part aux travaux de la 2&egrave;me et 3&egrave;me Conf&eacute;rence des &Eacute;tats parties &agrave; ladite Convention, tenues respectivement &agrave; Bali (2007) et Doha (2009). Il a &eacute;t&eacute; choisi pour abriter &agrave; Marrakech, en octobre 2011, la quatri&egrave;me session de cette conf&eacute;rence, t&eacute;moignant ainsi, de <strong>l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t manifest&eacute; par l&rsquo;Organisation des Nations Unes au processus des r&eacute;formes engag&eacute;es dans ce cadre, par le Royaume<\/strong>. Les travaux de cette session ont adopt&eacute; la D&eacute;claration de Marrakech en faveur de la pr&eacute;vention de la corruption. Enfin, le Maroc a &eacute;t&eacute; repr&eacute;sent&eacute; aux travaux de la cinqui&egrave;me Conf&eacute;rence des Etats Parties &agrave; la Convention des Nations Unies contre la Corruption (COSP5), organis&eacute;e &agrave; Panama, du 25 au 29 novembre 2013 par une forte d&eacute;l&eacute;gation compos&eacute;e de responsables de &nbsp;l&rsquo;ICPC et des Minist&egrave;res charg&eacute; de la Fonction Publique et de la Modernisation de l&rsquo;Administration, de la Justice, de l&#39;Int&eacute;rieur et des Affaires Etrang&egrave;res.<\/p>\n<p>L&rsquo;organisation de cette conf&eacute;rence offre l&rsquo;opportunit&eacute; de <strong>relever les d&eacute;fis engendr&eacute;s par la lutte contre ce fl&eacute;au<\/strong> et constitue une &eacute;ch&eacute;ance &agrave; saisir pour am&eacute;liorer davantage tous les param&egrave;tres li&eacute;s &agrave; la lutte contre la corruption, notamment en terme de pr&eacute;vention, de mise en &oelig;uvre de la convention onusienne et de rel&egrave;vement des capacit&eacute;s nationales en la mati&egrave;re. Car, la lutte contre la corruption est au c&oelig;ur des aspirations et des exigences des peuples, estimant que les enjeux actuels qui co&iuml;ncident avec l&rsquo;organisation de cette Conf&eacute;rence portent sur la r&eacute;ussite de ce changement et la satisfaction des exigences des soci&eacute;t&eacute;s qui aspirent &agrave; la moralisation de la vie publique et la consolidation de la transparence, de l&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; et de la bonne gouvernance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>4. L&rsquo;&eacute;valuation des efforts du Maroc<\/strong><strong>:<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>N&eacute;anmoins, les efforts d&eacute;ploy&eacute;s par le Maroc au plan r&eacute;glementaire et organisationnel, <strong>n&rsquo;ont pas encore atteint les objectifs escompt&eacute;s<\/strong>, malgr&eacute; <strong>l&rsquo;engagement politique pris au plus haut rang de l&rsquo;Etat<\/strong> et malgr&eacute; les <strong>dispositifs r&eacute;glementaire et institutionnel adopt&eacute;s<\/strong>, en vue d&#39;instaurer des rapports responsables et transparents avec le citoyen. Le co&ucirc;t de la pratique de la corruption repr&eacute;sente annuellement quelques 5% du PIB marocain, soit environ 40 Milliards de dirhams, selon une &eacute;tude de la Banque Mondiale dont les r&eacute;sultats ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;sents au 3<sup>&egrave;me<\/sup> Forum Mondial des Droits de l&rsquo;Homme tenu &agrave; Marrakech en novembre 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;indicateur le plus significatif d&rsquo;&eacute;valuation de la lutte contre cette pratique est celui de <strong>l&rsquo;Indice de Perception de la Corruption<\/strong> (IPC), publi&eacute; annuellement par <strong>Transparency International<\/strong><strong>(<\/strong>TI) et &eacute;valu&eacute; par huit agences et organismes ind&eacute;pendants. Au titre de l&rsquo;ann&eacute;e <strong>2013, le Maroc a &eacute;t&eacute; class&eacute; 91<sup>&egrave;me<\/sup> sur 177 pays &eacute;valu&eacute;s<\/strong>. Il perd trois rangs par rapport &agrave; 2012, alors qu&rsquo;il occupait le 52&eacute;me rang sur 102 en 2002. En 2015, il est class&eacute; 84<sup>&egrave;me<\/sup> sur 175 et plac&eacute; loin derri&egrave;re des pays dont le niveau de d&eacute;veloppement &eacute;conomique et social est similaire ou inf&eacute;rieur, &agrave; l&rsquo;instar de la Jordanie (56<sup>&egrave;me<\/sup>), Ghana (62<sup>&egrave;me<\/sup>), Kowe&iuml;t (67<sup>&egrave;me<\/sup>), S&eacute;n&eacute;gal (69<sup>&egrave;me<\/sup>) et Tunisie (79<sup>&egrave;me<\/sup>).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;IPC de l&rsquo;ann&eacute;e 2015, confirme, si besoin est, la place du <strong>Maroc dans la cat&eacute;gorie des pays o&ugrave; s&eacute;vit une corruption end&eacute;mique<\/strong>. Cet indice converge avec tous les autres indicateurs li&eacute;s &agrave; la bonne gouvernance, au climat des affaires et au d&eacute;veloppement&nbsp; humain (IDH) (<em>En 2012, le Maroc est class&eacute; 130<sup>&egrave;me<\/sup> sur 187, derri&egrave;re la Libye (64), la Tunisie (94), l&rsquo;Alg&eacute;rie (93), la Jordanie (100), le Gabon (106), l&rsquo;Egypte (112)<\/em>, &agrave; la d&eacute;mocratisation (En 2010 le Maroc est class&eacute; 112 sur 167) et &agrave; la libert&eacute; de la presse(En 2013, le Maroc est class&eacute; 136&nbsp; derri&egrave;re Ghana (30), Niger (43), S&eacute;n&eacute;gal (59), Mauritanie (67), Qatar (110), Alg&eacute;rie (125), Jordanie (134) et en 2015 il est class&eacute; 131 sur 180).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La persistance de cette situation ne fait que traduire <strong>l&rsquo;absence d&rsquo;une r&eacute;elle strat&eacute;gie de lutter contre ce fl&eacute;au<\/strong>. Le gouvernement actuel a enregistr&eacute; avec d&eacute;solation son incapacit&eacute; de mener le combat contre la corruption, se cantonnent&nbsp; dans un discours st&eacute;rile et entretenant l&rsquo;impunit&eacute;. Aucune initiative r&eacute;ellement productive n&rsquo;a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e par le gouvernement dans ce domaine, si ce n&rsquo;est une campagne de communication co&ucirc;teuse et contreproductive qu&rsquo;il avait lanc&eacute;e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est dire que la corruption et la non moralisation de la vie publique sont toujours ancr&eacute;es dans les m&oelig;urs de certains marocains qui b&eacute;n&eacute;ficient de passe-droit et d&rsquo;impunit&eacute;. En effet, les <strong>principes fondamentaux<\/strong> sur lesquels se base la lutte contre la corruption sont &agrave; juste titre, la r&eacute;&eacute;dition des comptes, le <strong>respect stricte de la loi<\/strong>, la <strong>garantie des poursuites<\/strong>, <strong>l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des citoyens devant la loi<\/strong> en mettant fin &agrave; l&rsquo;impunit&eacute; et aux privil&egrave;ges d&rsquo;&eacute;chapper aux sanctions qui encourage cette pratique et ce, par une r&eacute;pression plus effective des contrevenants et <strong>l&rsquo;instauration syst&eacute;matique d&rsquo;une d&eacute;claration obligatoire du patrimoine &agrave; la fin du mandat de l&rsquo;exercice des personnes concern&eacute;es, conform&eacute;ment aux dispositions de l&rsquo;article 158 de la constitution<\/strong>. Sans l&rsquo;observance de ces crit&egrave;res fondamentaux, aucune politique ni mesures r&eacute;glementaires ou juridiques ne saurait emporter l&rsquo;adh&eacute;sion de tous les acteurs et la corruption ne pourrait alors que s&rsquo;accentuer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La lutte contre la corruption est une question qui requiert <strong>l&rsquo;adh&eacute;sion collective de toutes les composantes de la soci&eacute;t&eacute;<\/strong> et l&rsquo;adoption d&rsquo;une approche globale bas&eacute;e &agrave; la fois sur les <strong>m&eacute;canismes de r&eacute;pression, de pr&eacute;vention, d&rsquo;&eacute;ducation et de communication<\/strong>. L&rsquo;action de l&rsquo;&Eacute;tat dans ce domaine est certainement fondamentale au regard de son effet d&rsquo;entra&icirc;nement sur les autres acteurs de la sc&egrave;ne politique et sociale. Mais la mise en place d&rsquo;un <strong>cadre effectif de concertation et de coordination<\/strong> entre les diff&eacute;rents acteurs (pouvoirs publics, soci&eacute;t&eacute; civile, secteur priv&eacute;), est plus que n&eacute;cessaire. D&rsquo;ailleurs, Transparency Maroc salue la combativit&eacute; et l&rsquo;engagement des associations locales et nationales dans leur lutte contre ce fl&eacute;au et annonce le lancement d&rsquo;une campagne de communication et de mobilisation contre l&rsquo;impunit&eacute;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est avec regret que nous constatons que <strong>l&rsquo;ICPC<\/strong> a focalis&eacute; son action sur la m&eacute;thodologie permettant de dresser des cartes sectorielles sur les risques de corruption, appliqu&eacute;es aux <strong>secteurs de la sant&eacute;, des transports routiers et de l&rsquo;habitat<\/strong>. C&rsquo;est dire que cette m&eacute;thodologie s&rsquo;attaque uniquement &agrave; la <strong>petite corruption<\/strong> que percevraient des infermi&egrave;res, des agents de la circulation routi&egrave;re etc&hellip;, alors que la corruption qui <strong>mine r&eacute;ellement nos ressources<\/strong> budg&eacute;taires, est bien la <strong>grande corruption<\/strong>, celle des commissions juteuses pr&eacute;lev&eacute;es sur les montants des march&eacute;s publics.<\/p>\n<p>Les actes condamnables sont certainement nombreux, car ceux qui les commettent prennent toutes les dispositions pour les cacher. Pour illustrer nos propos nous n&rsquo;en citons que ceux li&eacute;s <strong>l&rsquo;interf&eacute;rence dans la justice<\/strong>, ce qui d&eacute;cr&eacute;dibilise son image et de surcroit celle de notre pays. La presse nationale nous rapporte le cas d&rsquo;un responsable d&rsquo;un grand &eacute;tablissement public qui a &eacute;t&eacute; poursuivi pour &laquo;<strong>d&eacute;tournement et dilapidation de deniers publics et abus de pouvoir<\/strong>&raquo;. Une d&eacute;cision qui fait suite aux dysfonctionnements de sa gestion relev&eacute;s par la Cour des comptes. Il a &eacute;t&eacute; incarc&eacute;r&eacute; &agrave; la prison et lib&eacute;r&eacute; sans que <strong>la justice prononce son jugement d&eacute;finitif et proc&egrave;de soit son indemnisation pour d&eacute;tention arbitraire pendant dix mois, si les juges de la Cour des comptes ont tort, soit confirmer les malversations et le condamner<\/strong>. Alors que nous assistons &agrave; l&rsquo;incarc&eacute;ration du pr&eacute;sident de la commune de M&eacute;lila, pour des malversations relev&eacute;s par la Cour des comptes et dont le budget annuel repr&eacute;sente une infime partie du budget de l&rsquo;&eacute;tablissement public pr&eacute;cit&eacute;. L&rsquo;Etat agit malheureusement avec deux poids deux mesures.&nbsp;<\/p>\n<p>Les observateurs avertis se demandent &agrave; raison d&rsquo;ailleurs, pourquoi la <strong>corruption s&eacute;vie au Maroc<\/strong> malgr&eacute; l&rsquo;adoption de lois r&eacute;primant s&eacute;v&egrave;rement ce ph&eacute;nom&egrave;ne, la ratification de conventions internationales de lutte contre ce fl&eacute;au, la mise en &oelig;uvre de r&eacute;formes administratives et r&eacute;glementaires modernes, le recours &agrave; des dispositifs techniques cens&eacute;s &eacute;loigner les usagers des fonctionnaires et la simplification institutionnelle et bureaucratique&nbsp;?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il y a plusieurs r&eacute;ponses &agrave; cette question. L&rsquo;une d&rsquo;elles est que la <strong>politique du Maroc<\/strong> suivi &agrave; cet &eacute;gard r&eacute;pond &agrave; des <strong>pressions ext&eacute;rieures<\/strong> et &agrave; des <strong>aspirations d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; civile<\/strong> en pleine mutation et constitue une simple <strong>adaptation<\/strong> visant beaucoup plus une <strong>reconnaissance internationale et un accroissement de la cr&eacute;dibilit&eacute; et de la l&eacute;gitimit&eacute; internationale du Maroc &agrave; cet &eacute;gard<\/strong>, que de s&rsquo;attaquer r&eacute;ellement &agrave; l&rsquo;&eacute;radication de ce ph&eacute;nom&egrave;ne.<\/p>\n<p><strong>Conclusion&nbsp;:<\/strong><\/p>\n<p>La corruption au Maroc peut &ecirc;tre r&eacute;partie en <strong>trois grandes cat&eacute;gories<\/strong>. La grande corruption, la petite corruption et l&rsquo;usage de l&rsquo;argent durant les &eacute;lections. La <strong>petite corruption<\/strong>, celle du quotidien des citoyens marocains, fait l&rsquo;objet d&rsquo;une plus <strong>grande attention des responsables politiques et de la soci&eacute;t&eacute; civile<\/strong> &agrave; l&rsquo;instar de l&rsquo;ICPC. Cette cat&eacute;gorie peut &ecirc;tre prise en charge facilement par la soci&eacute;t&eacute;, gr&acirc;ce &agrave; <strong>l&rsquo;action des m&eacute;dias<\/strong> et <strong>l&rsquo;usage des techniques d&rsquo;information et de communication<\/strong>, celle des <strong>organisations non gouvernementales<\/strong> et les <strong>r&eacute;formes administratives<\/strong> lanc&eacute;es depuis les ann&eacute;es 2000 (administration &eacute;lectronique, guichet unique, suppression des autorisations pour les petits commerces&hellip;). L&rsquo;exemple le plus &eacute;difiant est celui du <strong>gendarme de Targuist<\/strong> dont le film diffus&eacute; via l&rsquo;internet, le montrant entrain de racketter syst&eacute;matiquement les automobilistes.&nbsp; Ce film a cr&eacute;e un <strong>v&eacute;ritable d&eacute;bat public<\/strong> relay&eacute; par les m&eacute;dias, poussant les responsables &agrave; intervenir et a enclench&eacute; un mouvement puissant rendant suspecte cette pratique.<\/p>\n<p>La <strong>grande corruption<\/strong> celle qui se chiffre par des <strong>millions de dirhams voire des milliards<\/strong>, est g&eacute;n&eacute;ralement l&rsquo;objet de <strong>tractation<\/strong> dans le <strong>contr&ocirc;le financier<\/strong>, dans les <strong>jugements<\/strong> des affaires importantes ou dans <strong>l&rsquo;adjudication <\/strong>et l&rsquo;ex&eacute;cution des march&eacute;s publics li&eacute;s &agrave; de grands chantiers ou &agrave; des &eacute;quipements et produits couteux ou multiples. Cette derni&egrave;re cat&eacute;gorie <strong>puise directement dans les caisses de l&rsquo;Etat<\/strong>. Elle devrait faire l&rsquo;objet d&rsquo;une plus <strong>grande attention<\/strong> de la part des pouvoirs publics, pour instaurer la <strong>bonne gouvernance<\/strong>, au regard du <strong>d&eacute;ficit public<\/strong> dont souffrent les comptes de l&rsquo;Etat. Des mesures sont n&eacute;cessaires pour contrecarrer ce ph&eacute;nom&egrave;ne &agrave; l&rsquo;instar de la <strong>d&eacute;claration obligatoire du patrimoine<\/strong> pour les fonctionnaires et les &eacute;lus, &agrave; instaurer syst&eacute;matiquement tous les <strong>cinq ans <\/strong>en vue de proc&eacute;der &agrave; la v&eacute;rification des biens de certains commis de l&rsquo;Etat qui sont soup&ccedil;onn&eacute;s d&rsquo;enrichissement illicite, <strong>la r&eacute;activation des actions de l&rsquo;IGF et la Cour des comptes<\/strong>, <strong>l&rsquo;audit<\/strong> syst&eacute;matique des march&eacute;s publics li&eacute;s aux chantiers et &eacute;quipements et produits &nbsp;et surtout <strong>l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des citoyens<\/strong> devant la loi en <strong>mettant fin &agrave; l&rsquo;impunit&eacute; et au passe-droit<\/strong>. Car il est d&eacute;montr&eacute; que <strong>la condamnation d&rsquo;un commis de l&rsquo;Etat pour le d&eacute;lit de corruption est un acte important de dissuasion qui aura l&rsquo;effet de boule de neige sur tous ceux qui se croient &ecirc;tre &laquo;&nbsp;immunis&eacute;s&nbsp;&raquo;<\/strong>.<\/p>\n<p>Enfin, <strong>l&rsquo;usage de l&rsquo;argent dans les &eacute;lections<\/strong> est un ph&eacute;nom&egrave;ne li&eacute; &agrave; la <strong>pauvret&eacute;<\/strong> et &agrave; <strong>l&rsquo;analphab&eacute;tisme<\/strong> et ne serait &eacute;radiqu&eacute; que par des <strong>actions conjugu&eacute;es<\/strong> entre les <strong>partis politiques<\/strong> qui doivent signer un pacte pour ne pr&eacute;senter que les personnes int&egrave;gres, notamment parmi les jeunes, le <strong>pouvoir public<\/strong> par une bonne publicit&eacute; d&eacute;non&ccedil;ant l&rsquo;achat des voix et l&rsquo;implication de la justice et la soci&eacute;t&eacute; civile par un suivi stricte et une d&eacute;nonciation objective, outre la <strong>lutte contre la pr&eacute;carit&eacute; et l&rsquo;analphab&eacute;tisme<\/strong>.<\/p>\n<p>Le gouvernement actuel a dans sa d&eacute;claration devant le parlement, le 23 janvier 2012, pris l&rsquo;engagement de <strong>lutter contre la corruption<\/strong>, <strong>l&rsquo;&eacute;conomie de rente<\/strong>, et la <strong>sp&eacute;culation<\/strong> et les situations de <strong>monopole<\/strong>, de promouvoir la <strong>bonne gouvernance<\/strong>, la <strong>transparence<\/strong> et <strong>l&#39;efficacit&eacute;<\/strong>, <strong>l&rsquo;am&eacute;lioration du climat<\/strong> des affaires et de <strong>r&eacute;former la justice<\/strong> pour une plus grande ind&eacute;pendance.<\/p>\n<p>Le <strong>constant est malheureusement d&eacute;cevant<\/strong> et le gouvernement ne cesse, pour justifier son &eacute;chec, de se cacher derri&egrave;re les &laquo;&nbsp;<strong>crocodiles et les satans<\/strong>&nbsp;&raquo; qui l&rsquo;emp&ecirc;che de travailler. Le malheur c&rsquo;est que ce <strong>discours a bien &eacute;t&eacute; assimil&eacute; et ancr&eacute; dans les esprits<\/strong> d&rsquo;une grande frange de la population, y compris parmi les intellectuels.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jillali Chafik<\/p>\n<p>Expert ind&eacute;pendant<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u0645\u0644\u062e\u0635: \u0625\u0646 \u0627\u0633\u062a\u0639\u0645\u0627\u0644 \u0627\u0644\u0631\u0634\u0648\u0629 \u064a\u0646\u062e\u0631 \u0627\u0644\u0627\u0642\u062a\u0635\u0627\u062f \u0648\u064a\u0636\u064a\u0639 \u0639\u0644\u0649 \u0628\u0644\u0627\u062f\u0646\u0627 \u0643\u0644 \u0633\u0646\u0629 \u0645\u0627 \u064a\u0646\u0627\u0647\u0632 40 \u0645\u0644\u064a\u0627\u0631 \u062f\u0631\u0647\u0645\u0627\u060c \u0648\u0631\u063a\u0645 \u0627\u0644\u0625\u062c\u0631\u0627\u0621\u0627\u062a \u0627\u0644\u0642\u0627\u0646\u0648\u0646\u064a\u0629 \u0648\u0627\u0644\u0639\u0645\u0644\u064a\u0629\u060c \u0648\u0627\u0644\u0627\u0647\u062a\u0645\u0627\u0645 \u0627\u0644\u0628\u0627\u0644\u063a \u0639\u0644\u0649 \u0623\u0639\u0644\u0649 \u0645\u0633\u062a\u0648\u0649 \u0644\u0645\u062d\u0627\u0631\u0628\u0629 \u0647\u0630\u0647 \u0627\u0644\u0622\u0641\u0629\u060c \u0641\u0625\u0646 \u0628\u0644\u0627\u062f\u0646\u0627 \u0644\u0627\u0632\u0627\u0644\u062a \u062a\u062a\u0645\u0631\u0643\u0632 \u0636\u0645\u0646 \u0627\u0644\u062f\u0648\u0644 \u0627\u0644\u0623\u0643\u062b\u0631 \u0627\u0633\u062a\u0639\u0645\u0627\u0644\u0627 \u0644\u0644\u0631\u0634\u0648\u0629\u060c \u0648\u0647\u0630\u0627 \u0646\u0627\u062a\u062c \u0639\u0646 \u063a\u064a\u0627\u0628 \u0627\u0633\u062a\u0631\u0627\u062a\u064a\u062c\u064a\u0629 \u0648\u0627\u0636\u062d\u0629 \u062a\u0643\u0645\u0646 \u0641\u064a \u0639\u062f\u0627\u0644\u0629 \u0645\u0633\u062a\u0642\u0644\u0629 \u0648\u0630\u0627\u062a \u0645\u0635\u062f\u0627\u0642\u064a\u0629 \u062a\u0646\u0628\u0646\u064a \u0623\u0633\u0627\u0633\u0627 \u0639\u0644\u0649 \u0627\u0644\u0645\u0633\u0627\u0648\u0627\u0629 \u0628\u064a\u0646 &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":8698,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-3781","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3781","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3781"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3781\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8698"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3781"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3781"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3781"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}