{"id":4245,"date":"2016-08-14T00:56:10","date_gmt":"2016-08-14T00:56:10","guid":{"rendered":""},"modified":"2018-03-24T07:24:12","modified_gmt":"2018-03-24T07:24:12","slug":"a-ne-pas-rater-lenseignement-au-maroc-un-secteur-budgetivore-mais-peu-performant-avec-jilali-chafik","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/badilpress.com\/?p=4245","title":{"rendered":"A NE PAS RATER \u2026   L\u2019enseignement au Maroc :  Un secteur budg\u00e9tivore mais peu performant \u2026 AVEC JILALI CHAFIK"},"content":{"rendered":"<p>Beaucoup de personnes, si ce n&rsquo;est la majorit&eacute;, s&rsquo;int&eacute;ressent au secteur de l&rsquo;enseignement au Maroc et en font leur propre &eacute;valuation, du fait de leur implication directe en tant qu&rsquo;acteurs ou indirecte en tant que partenaires. D&rsquo;autant plus que ce secteur tient une place strat&eacute;gique dans la vie des peuples, car c&rsquo;est par l&rsquo;enseignement qu&rsquo;on pr&eacute;pare les g&eacute;n&eacute;rations futures qui reprendraient le flambeau &agrave; leurs ain&eacute;s. L&rsquo;&eacute;chec du secteur se traduit par une formation biais&eacute;e des g&eacute;n&eacute;ration futures qui impacterait n&eacute;gativement sur tous les autres secteurs de l&rsquo;&eacute;conomie nationale.<\/p>\n<p>Depuis l&rsquo;ind&eacute;pendance du Maroc &agrave; nos jours, des efforts importants ont &eacute;t&eacute; d&eacute;ploy&eacute;s par le pouvoir public pour d&eacute;velopper ce secteur strat&eacute;gique, et plusieurs r&eacute;formes, directives et commission sont &eacute;t&eacute; institu&eacute;es pour r&eacute;pondre aux attentes des parents d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves d&rsquo;une formation ad&eacute;quate de leurs prog&eacute;nitures, malheureusement sans grand succ&egrave;s. Il s&rsquo;agit&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>La formation, en 1957, de la haute commission &agrave; l&rsquo;enseignement&nbsp;;<\/li>\n<li>La commission royale de r&eacute;forme de l&rsquo;enseignement, institu&eacute;e en 1958&nbsp;;<\/li>\n<li>Le conseil supr&ecirc;me de l&rsquo;enseignement, &eacute;tabli en 1959&nbsp;;<\/li>\n<li>Le symposium de Ma&acirc;mora organis&eacute; en 1964&nbsp;;<\/li>\n<li>Le projet dit &laquo;&nbsp;Benhima&nbsp;&raquo; pr&eacute;par&eacute; en 1967&nbsp;;<\/li>\n<li>Les deux conf&eacute;rences d&rsquo;Ifrane organis&eacute;es respectivement en 1970 et 1980&nbsp;;<\/li>\n<li>La commission nationale de l&rsquo;enseignement, institu&eacute;e en 1994&nbsp;;<\/li>\n<li>La commission sp&eacute;ciale de l&rsquo;&eacute;ducation et de la formation,(COSEF) institu&eacute;e en 1999et qui a men&eacute; une r&eacute;flexion coll&eacute;giale par des repr&eacute;sentants de diff&eacute;rentes cat&eacute;gories sociales&nbsp;: partis politiques, syndicats, soci&eacute;t&eacute; civile, experts&hellip; Elle a permis, sur la base d&rsquo;&eacute;tudes par des institutions nationales et internationales et par des visites &agrave; des pays disposant d&rsquo;un syst&egrave;me d&rsquo;enseignement de qualit&eacute;, &agrave; l&rsquo;adoption de la charte nationale de l&rsquo;enseignement, sous forme de loi. Cette charte a d&eacute;fini une feuille de route pour la d&eacute;cennie 2000-2009.En 2009, on se rend compte avec beaucoup de regret, que la mise en &oelig;uvre des recommandations inscrites dans la charte sont bien en de&ccedil;&agrave; des objectifs qui y sont clairement d&eacute;finis et on essaye bon an mal an, de rem&eacute;dier aux insuffisances par l&rsquo;adoption du programme d&rsquo;urgence 2009-2012. N&eacute;anmoins, on se rend &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence en 2012, que ce programme d&rsquo;urgence qui a co&ucirc;t&eacute; quelques 3,3 milliards de dirhams est un &eacute;chec cuisant.<\/li>\n<li>L&rsquo;&eacute;tude r&eacute;alis&eacute;e en 2007, par le Conseil Sup&eacute;rieur de l&rsquo;Education, de la Formation et de la Recherche Scientifique (CSE) qui a conduit en 2008, entre autres, &agrave; la cr&eacute;ation de la Fondation Marocaine de la Promotion de l&rsquo;Education Pr&eacute;scolaire.<\/li>\n<li>La nouvelle strat&eacute;gie &laquo;&nbsp;Vision 2015-2030&nbsp;&raquo; &eacute;tablie par le CSE,sur la base des r&eacute;sultats du colloque sur l&rsquo;&eacute;valuation du syst&egrave;me d&rsquo;enseignement au Maroc, organis&eacute; les 22 et 23 octobre 2015. Cette strat&eacute;gie vise l&#39;&eacute;mergence d&#39;une &eacute;cole de l&#39;&eacute;quit&eacute; et de l&#39;&eacute;galit&eacute; des chances, d&#39;ouverture et de promotion sociale, tout en accordant la priorit&eacute; &agrave; la qualit&eacute; dans l&#39;enseignement public, &agrave; l&#39;ouverture sur les langues &eacute;trang&egrave;res, notamment dans l&#39;enseignement des mati&egrave;res et sp&eacute;cialit&eacute;s scientifiques et techniques, ainsi qu&#39;&agrave; la promotion de la formation professionnelle, particuli&egrave;rement &agrave; travers l&#39;orientation pr&eacute;coce des &eacute;l&egrave;ves et &eacute;tudiants qui ont des qualifications et des penchants dans ce domaine. Elle a introduit l&rsquo;enseignement pr&eacute;scolaire obligatoire dans le syst&egrave;me &eacute;ducatif marocain et sa g&eacute;n&eacute;ralisation en 2030.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans les ann&eacute;es 1980, le ministre de l&rsquo;&eacute;ducation nationale, Feu Azzeddinz Laraki a proc&eacute;d&eacute;, avec le soutien de son parti, l&rsquo;Istiqlal, &agrave; l&rsquo;arabisation du syst&egrave;me &eacute;ducatif public. Les enseignants qui enseignaient les mati&egrave;res scientifiques en fran&ccedil;ais ont &eacute;t&eacute;, soit remplac&eacute;s par des &eacute;trangers (&eacute;gyptiens, soudanais, syriens) soit convertis &agrave; l&rsquo;arabisation. En 1989, l&rsquo;arabisation est achev&eacute;e et toutes les mati&egrave;res sont enseign&eacute;es en arabe dans le primaire, le coll&egrave;ge et le secondaire. Le fran&ccedil;ais est maintenu comme langue &eacute;trang&egrave;re. Le Ministre a introduit &eacute;galement des cours d&rsquo;&eacute;tudes islamiques obligatoires et a interdit les cours de philosophie et de sociologie. Le fran&ccedil;ais comme langue d&rsquo;enseignement est conserv&eacute;e dans les &eacute;coles techniques et professionnelles du secondaire, les &eacute;tablissements d&rsquo;enseignement technique, les &eacute;coles sup&eacute;rieures d&rsquo;ing&eacute;nierie et de commerce, les facult&eacute;s de m&eacute;decine et les universit&eacute;s des sciences et sciences &eacute;conomiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette approche sectaire a fait que les rares familles ais&eacute;es, y compris celles des t&eacute;nors du parti de l&rsquo;Istiqlal qui d&eacute;fendaient en public et &agrave; outrance l&rsquo;arabisation du syst&egrave;me &eacute;ducatif, ont quitt&eacute; l&rsquo;enseignement public et ont inscrit leurs enfants dans les missions &eacute;trang&egrave;res ou dans l&rsquo;enseignement priv&eacute; qui maintient le fran&ccedil;ais comme langue d&rsquo;enseignement, tout au moins des mati&egrave;res scientifiques. Les enfants de cette cat&eacute;gorie de la population suivent souvent des parcours d&rsquo;excellence au Maroc (m&eacute;decine, ing&eacute;nierie, commerce&hellip;) ou s&rsquo;inscrivent dans de grandes &eacute;coles fran&ccedil;aises ou am&eacute;ricaines. L&rsquo;enseignement public est dor&eacute;navant r&eacute;serv&eacute; aux enfants des familles &agrave; revenu limit&eacute;. Elle est de ce fait, d&eacute;valoris&eacute;e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour &eacute;valuer notre syst&egrave;me &eacute;ducatif, on se r&eacute;f&egrave;re &agrave; l&rsquo;indice de d&eacute;veloppement humain publi&eacute; en 2013 par le PNUD et qui place le Maroc &agrave; la 129<sup>&egrave;me<\/sup> place sur un total de 187 pays analys&eacute;s. L&rsquo;indice se fonde sur trois crit&egrave;res&nbsp;: 1) l&rsquo;esp&eacute;rance de vie &agrave; la naissance qui est au Maroc de 70,9 ans, 2) la dur&eacute;e moyenne de scolarisation pour les adultes de plus de 25 ans qui, dans notre cas, n&rsquo;est que de 4&nbsp;,4 ans et la dur&eacute;e attendue de scolarisation pour les enfants d&#39;&acirc;ge scolaire qui n&rsquo;est que de 11,6 ans, enfin 3) le revenu par t&ecirc;te d&rsquo;habitant qui est de 6.905 US$.Dans cet indice, le crit&egrave;re qui constitue le maillon faible est bien &eacute;videmment celui de l&rsquo;&eacute;ducation. Iln&rsquo;a pas tellement &eacute;volu&eacute; depuis plusieurs ann&eacute;es, ce qui d&eacute;montre en quelque sorte que le d&eacute;veloppement humain au Maroc conna&icirc;t par le fait de ce crit&egrave;re, une stagnation dans le temps. On se souvient qu&rsquo;en 1994, Feu Sa Majest&eacute; Hassan II s&rsquo;est inqui&eacute;t&eacute; s&eacute;rieusement des insuffisances de l&rsquo;enseignement et a adress&eacute; une lettre en ce sens au Parlement marocain et que lors du lancement d&#39;un colloque sur l&rsquo;enseignement, il a affirm&eacute; qu&#39;au rythme o&ugrave; va l&rsquo;enseignement marocain <em>&quot;les marocains risquent non seulement d&rsquo;&ecirc;tre des pauvres mais aussi des ignorants&quot;.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il faut rappel&eacute; auparavant que le syst&egrave;me &eacute;ducatif marocain est caract&eacute;ris&eacute; par la cohabitation de syst&egrave;mes publics et priv&eacute;s, francophone et arabophones et de missions &eacute;trang&egrave;res, fran&ccedil;aises, espagnoles et am&eacute;ricaines. Le syst&egrave;me public est de la responsabilit&eacute; du pouvoir public par le biais des d&eacute;partements minist&eacute;riels concern&eacute;s, alors que le syst&egrave;me priv&eacute; est g&eacute;r&eacute; par des entreprises priv&eacute;es et sans contr&ocirc;le de la part du pouvoir public. Ce syst&egrave;me est l&rsquo;&oelig;uvre de marocains mais aussi de plusieurs &eacute;trangers d&rsquo;origines diverses. On y trouve des europ&eacute;ens, des canadiens, des &eacute;gyptiens, des irakiens, des syriens&hellip;, l&rsquo;agence pour l&rsquo;enseignement fran&ccedil;ais &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger (AEFE), l&rsquo;enseignement catholique et les missions espagnoles et am&eacute;ricaines.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Plusieurs experts nationaux et internationaux ont &eacute;valu&eacute; notre syst&egrave;me &eacute;ducatif public en exprimant leurs opinions sur ce secteur strat&eacute;gique. Ces opinions ont un d&eacute;nominateur commun&nbsp;: la qualit&eacute; de l&rsquo;enseignement du syst&egrave;me public au Maroc laisse &agrave; d&eacute;sirer&nbsp;! De quoi souffre notre syst&egrave;me &eacute;ducatif&nbsp;?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>La qualit&eacute; de l&rsquo;enseignement dans le secteur priv&eacute;<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">Dans son rapport de 2008, le CSE indique que le nombre d&rsquo;enfants scolaris&eacute;s dans le priv&eacute; (primaire et coll&egrave;ge) ne d&eacute;passe pas les 7%, alors que la charte pr&eacute;par&eacute;e par la COSEF pr&eacute;voyait de le porter &agrave; 20% &agrave; l&rsquo;horizon 2009.Le mode d&rsquo;organisation de ces &eacute;coles montre que le secteur priv&eacute; notamment au niveau du primaire, accorde une importance particuli&egrave;re &agrave; l&rsquo;enseignement du fran&ccedil;ais et son utilisation comme langue d&rsquo;enseignement, &agrave; l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; des moyens didactiques et p&eacute;dagogiques et &agrave; des activit&eacute;s culturelles et sportives, ainsi que l&rsquo;environnement scolaire. Toutefois et malgr&eacute; la s&eacute;lection draconienne &agrave; l&rsquo;inscription des enfants dans ce syst&egrave;me qui ne choisit que les meilleurs et le co&ucirc;t relativement &eacute;lev&eacute; des frais de scolarit&eacute; support&eacute; par les parents, l&rsquo;enseignement priv&eacute; au Maroc n&rsquo;a pas rivalis&eacute; pour autant, l&rsquo;enseignement public. Une &eacute;tude d&rsquo;&eacute;valuation faite par un bureau d&rsquo;audit international a d&eacute;montr&eacute; que les meilleures notes de l&rsquo;examen national du baccalaur&eacute;at reviennent &agrave; des &eacute;l&egrave;ves du public, si l&rsquo;on exclut les notes du contr&ocirc;le continu qui favorisent l&rsquo;enseignement priv&eacute;. Le secteur priv&eacute; est caract&eacute;ris&eacute; par la largesse des notes du contr&ocirc;le continu pour s&rsquo;attirer davantage de clients. De plus, l&rsquo;absence de m&eacute;canisme de contr&ocirc;le institutionnel, &eacute;ducatif, didactique et p&eacute;dagogique de la part du pouvoir public, est notoire. Il fait que la r&eacute;gulation de ce syst&egrave;me se fait par le march&eacute; et le principe de r&eacute;sultats qui g&eacute;n&egrave;re une gestion manag&eacute;riale.<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>La g&eacute;n&eacute;ralisation de l&rsquo;enseignement du pr&eacute;scolaire<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">Des &eacute;tudes men&eacute;es dans ce cadre par la COSEF, ont montr&eacute; que l&rsquo;enseignement du pr&eacute;scolaire est la base m&ecirc;me de l&rsquo;&eacute;quit&eacute; et de l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des chances entre les &eacute;l&egrave;ves. Ce type d&rsquo;enseignement a un impact direct sur le parcours scolaire des &eacute;l&egrave;ves. La vision &laquo;&nbsp;2015-2030&nbsp;&raquo; a rendu ce type d&rsquo;enseignement obligatoire dans le syst&egrave;me &eacute;ducatif marocain et a recommand&eacute; sa g&eacute;n&eacute;ralisation &agrave; 100% &agrave; l&rsquo;horizon 2030, aujourd&rsquo;hui de 63,5%, selon le CSE. N&eacute;anmoins, le pr&eacute;scolaire n&rsquo;est pas un secteur &agrave; la porter de quiconque. Il n&eacute;cessite des enseignants qualifi&eacute;s dans la psychologie et la sociologie de l&rsquo;enfant, &agrave; m&ecirc;me d&rsquo;&eacute;laborer et conduire une action &eacute;ducative pour les enfants et d&rsquo;accompagner les parents dans leur r&ocirc;le &eacute;ducatif. Il n&eacute;cessite de ce fait, une supervision rapproch&eacute;e du pouvoir public et des outils p&eacute;dagogiques &agrave; la hauteur de la mission.<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>La langue d&rsquo;enseignement<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">Auparavant, je dois signaler que je ne suis pas contre l&rsquo;enseignement g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; avec la langue arabe. Plusieurs pays arabes et autres ont r&eacute;ussi &agrave; instaurer un syst&egrave;me &eacute;ducatif de qualit&eacute; avec la langue officielle de leurs pays. Dans le cas du Maroc, il y a une incoh&eacute;rence flagrante dans la langue d&rsquo;enseignement. C&rsquo;est une aberration que d&rsquo;enseigner les mati&egrave;res scientifiques en arabe au primaire, au coll&egrave;ge et au secondaire et de les poursuivre en fran&ccedil;ais dans le sup&eacute;rieur. C&rsquo;est cette incoh&eacute;rence qui fait que les familles des classes moyennes ou ais&eacute;es ont perdu confiance dans l&rsquo;&eacute;ducation publique comme moteur de la promotion sociale et inscrivent leurs enfants dans des &eacute;coles francophones priv&eacute;es ou des missions &eacute;trang&egrave;res, afin de poursuivre des parcours d&#39;excellence. Ceci valorise davantage la langue fran&ccedil;aise aussi bien par les familles ais&eacute;es que les familles dont les enfants suivent l&rsquo;enseignement public marocain.<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>La g&eacute;n&eacute;ralisation du taux de scolarisation<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">Le Maroc a d&eacute;ploy&eacute; un effort important depuis les ann&eacute;es 90 en mati&egrave;re de scolarisation. Le taux net de scolarisation des enfants de 6 &agrave; 11 ans a &eacute;volu&eacute; de mani&egrave;re significative en passant de 52,4% en 1990\/91 &agrave; 87% en 2003\/04 pour atteindre 96,6% en 2011\/12. De m&ecirc;me, le taux de scolarisation des enfants de 4-5 ans est pass&eacute; de 40,5% en 1990\/91 &agrave; 53,9% en 2011\/12 pour atteindre 63,5% en 2015. N&eacute;anmoins, le taux de scolarisation est biais&eacute; par deux facteurs importants. Le premier facteur est li&eacute; au surnombre d&rsquo;enfants dans une m&ecirc;me classe, parfois comportant des niveaux diff&eacute;rents, notamment dans les &eacute;coles rurales, ce qui impacte directement sur la qualit&eacute; de l&rsquo;enseignement et favorise l&rsquo;abandon scolaire. Le taux d&rsquo;abandon scolaire, constituant le second facteur, est pass&eacute; pour le primaire, de 6,2% en 2002\/03 &agrave; 3,2% en 2011\/12 et le taux net de scolarisation dans l&rsquo;enseignement coll&eacute;gial pour les adolescents de 12-14 ans a atteint 53,9% en 2011\/12. En 2012, le taux d&rsquo;alphab&eacute;tisation des jeunes de 15-24 ans est de 90,1% pour les hommes et de 79% pour les femmes. Ceci conduit &agrave; un taux d&rsquo;alphab&eacute;tisation des adultes de plus de 25 ans &agrave; 78% en 2012. Ces donn&eacute;es montrent que 32 enfants sur 1000 ne finissent pas le primaire et 461 sur 1000 jeunes ne terminent pas le coll&egrave;ge. Le taux d&#39;abandon scolaire reste un probl&egrave;me majeur surtout en milieu rural. Il reste encore &eacute;lev&eacute; par comparaison avec d&#39;autres pays arabes, comme l&#39;Alg&eacute;rie, Oman, l&#39;&Eacute;gypte et la Tunisie.<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Le d&eacute;veloppement de la gouvernance<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">Le terme gouvernance &laquo;&nbsp;signifie la mise en place de nouveaux modes de pilotage ou de r&eacute;gulation plus souples et &eacute;thique, fond&eacute;s sur un partenariat ouvert et &eacute;clair&eacute; entre diff&eacute;rents acteurs et parties prenantes, tant aux &eacute;chelles locales que globales&nbsp;&raquo;. Le d&eacute;veloppement de la gouvernance pour le syst&egrave;me &eacute;ducatif marocain vise la d&eacute;centralisation de la prise de d&eacute;cision par la responsabilisation des partenaires &agrave; tous les niveaux de l&rsquo;&eacute;chelle hi&eacute;rarchique. Une r&eacute;forme quelconque, par exemple, bien &eacute;labor&eacute;e par le d&eacute;partement minist&eacute;riel est transmise, sous forme de lettre circulaire aux diff&eacute;rents acteurs pour qu&rsquo;elle soit mise en &oelig;uvre. Or, ce qui se pratique aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est la d&eacute;responsabilisation &agrave; chaque niveau, de sorte que le directeur de l&rsquo;Acad&eacute;mie R&eacute;gionale de l&rsquo;Education prenne note du contenu de la circulaire et la transmet au d&eacute;l&eacute;gu&eacute; qui fait de m&ecirc;me et la transmet aux directeurs des &eacute;tablissements scolaires. Ceux-ci se contentent d&rsquo;en informer le personnel de leurs &eacute;coles, sans aucun souci d&rsquo;en discuter de mani&egrave;re coll&eacute;giale le contenu et sa mise en &oelig;uvre. Le seul effort entrepris par l&rsquo;administration pour en informer l&rsquo;enseignant de la nouvelle r&eacute;forme consiste souvent &agrave; charger un inspecteur d&rsquo;improviser une rencontre o&ugrave; il leur parle de choses que lui m&ecirc;me ne maitrise pas totalement. D&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;, aucun directeur d&rsquo;&eacute;cole public n&rsquo;est &agrave; m&ecirc;me de prendre la moindre d&eacute;cision concernant son &eacute;tablissement, sans l&rsquo;accord pr&eacute;alable de la hi&eacute;rarchie. Il n&rsquo;a aucune responsabilit&eacute; p&eacute;dagogique, de contr&ocirc;le, de suivi de qualit&eacute; et de gestion des ressources humaines et de renforcement de leurs capacit&eacute;s et comp&eacute;tences. Il se contente de r&eacute;gler, autant que faire se peut, les aspects administratifs. Or, les directeurs d&rsquo;&eacute;coles devraient &ecirc;tre les premiers responsables de la qualit&eacute; de l&rsquo;enseignement, afin de cr&eacute;er une &eacute;mulsion entre &eacute;coles.<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>L&rsquo;am&eacute;lioration de la qualit&eacute; d&rsquo;apprentissage<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">l&rsquo;enseignement public marocain reste encore bas&eacute; sur la m&eacute;morisation &agrave; outrance sans comprendre ni r&eacute;fl&eacute;chir et sans s&rsquo;interroger, au lieu et place de permettre aux &eacute;l&egrave;ves l&rsquo;acquisition des savoirs-&ecirc;tre et d&rsquo;outils bas&eacute;s sur l&rsquo;esprit critique, de comp&eacute;tition et de comp&eacute;tence en communication, de remise en cause et de questionnement et en la culture du travail et de l&rsquo;effort, pour plus d&rsquo;efficacit&eacute; et d&rsquo;efficience. Il y a &eacute;galement un laisser aller de la culture scolaire permettant un suivi r&eacute;gulier par les parents de la scolarisation de leur prog&eacute;niture. Il est d&eacute;montr&eacute; que les &eacute;l&egrave;ves qui ont peu d&rsquo;interactions avec leurs parents sont plus &agrave; risque d&rsquo;&ecirc;tre moins engag&eacute;s et de moins bien r&eacute;ussir &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, comparativement aux autres &eacute;l&egrave;ves qui b&eacute;n&eacute;ficient d&rsquo;une relation positive avec leurs parents. Aujourd&rsquo;hui, le monde a beaucoup &eacute;valu&eacute; et le d&eacute;veloppement de l&rsquo;informatique support de l&rsquo;internet a totalement modifi&eacute; la donne de notre comportement. Nous n&rsquo;avons plus besoin d&rsquo;apprendre par c&oelig;ur. Nous avons surtout besoin d&rsquo;apprendre une logique d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; des informations qui sont disponibles et gratuitement. Nous avons besoin d&rsquo;un esprit critique qui nous permet de distingu&eacute; ce qui est bien pour soi m&ecirc;me et pour la soci&eacute;t&eacute; de ce qui ne l&rsquo;est pas. Nous avons besoin d&rsquo;apprendre &agrave; communiquer &agrave; bien concevoir les choses et &agrave; les exprimer clairement. La r&eacute;ussite scolaire n&rsquo;est plus li&eacute;e qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;obtention de bonnes notes mais elle est &eacute;galement tributaire d&rsquo;interactions sociales constructives, d&rsquo;o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une bonne r&eacute;gulation de ses interactions.<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Le r&ocirc;le de l&rsquo;&eacute;cole et de l&rsquo;enseignant<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">L&rsquo;&eacute;cole repr&eacute;sente sans doute avec la famille un des lieux de socialisation les plus importants dans le d&eacute;veloppement de l&rsquo;enfant en contribuant &agrave; son &eacute;panouissement personnel. Plus qu&rsquo;une mission instructive, l&rsquo;&eacute;cole a une mission &eacute;ducative s&rsquo;&eacute;bauchant dans les multiples interactions qui vont fa&ccedil;onner les comportements, bouleverser les points de vue, cr&eacute;er des conflits. Ces interactions, si elles sont bien r&eacute;gul&eacute;es pourraient alors permettre &agrave; l&rsquo;enfant de se forger une identit&eacute; sociale et une personnalit&eacute; morale, adapt&eacute;es aux contraintes de l&rsquo;environnement. Le r&ocirc;le de l&rsquo;enseignant dans ce cadre est central. Il n&rsquo;est pas cantonn&eacute; dans le seul but de transmettre des savoirs, mais surtout de rendre ces savoirs d&eacute;sirables &agrave; l&rsquo;&eacute;l&egrave;ve, afin que ce dernier puisse s&rsquo;en saisir et en tirer quelques choses. La transmission r&eacute;ussie est tributaire de la qualit&eacute; de l&rsquo;interaction enseignant\/&eacute;l&egrave;ve. La r&eacute;ussite scolaire serait favoris&eacute;e par une ambiance agr&eacute;able dans la classe. Le climat de classe r&eacute;f&egrave;re &agrave; diff&eacute;rents aspects tels que la qualit&eacute; de la collaboration &eacute;l&egrave;ve-enseignant, la recherche d&rsquo;objectifs d&rsquo;apprentissage communs, explicites et adapt&eacute;s au rythme de l&rsquo;&eacute;l&egrave;ve, une pr&eacute;f&eacute;rence exprim&eacute;e envers les &eacute;tudes, un rythme d&rsquo;enseignement ad&eacute;quat et des cours bien structur&eacute;s. Les enseignants sont des acteurs importants dans l&rsquo;am&eacute;lioration de l&rsquo;&eacute;ducation et qu&rsquo;aucun changement ne se reproduira sans leur appui et leur engagement. La transformation et l&rsquo;am&eacute;lioration de la qualit&eacute; de l&rsquo;enseignement d&eacute;pend intimement de ce que les enseignants pensent et de ce qu&rsquo;ils font. Il importe de ce fait de consid&eacute;rer avec bienveillance leurs conditions de travail comme un facteur d&eacute;terminant dans tout processus de changement. Un enseignant averti doit s&rsquo;adonner pleinement &agrave; l&rsquo;accomplissement de sa noble mission. Celle de cr&eacute;er les conditions favorables pour permettre aux &eacute;l&egrave;ves d&rsquo;exprimer librement leurs id&eacute;es et d&rsquo;expliciter leurs conceptions, faciliter la discussion et organiser un d&eacute;bat utile, acqu&eacute;rir une d&eacute;marche scientifique, favoriser le travail individuel et collectif, organiser la communication&hellip; Une gestion de classe efficace est notamment reli&eacute;e &agrave; un plus grand engagement de l&rsquo;&eacute;l&egrave;ve dans ses &eacute;tudes et &agrave; une diminution des comportements d&eacute;rangeants en classe.<\/p>\n<p style=\"margin-left:21.3pt\">&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Conclusion&nbsp;:<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La r&eacute;forme de l&rsquo;enseignement est un processus continu et &eacute;volutif dont les ressources humaines constituent un facteur d&eacute;terminent. Un syst&egrave;me &eacute;ducatif ad&eacute;quat est l&rsquo;&oelig;uvre de l&rsquo;&eacute;cole dans son sens le plus large, des parents d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves, des responsables territoriaux. L&rsquo;&eacute;cole ne peut pas &eacute;volu&eacute; &agrave; plusieurs vitesses entre &eacute;coles urbaines et rurales, &eacute;coles priv&eacute;es et publiques, pr&eacute;scolaire, langue d&rsquo;enseignement &hellip;, sont autant de facteurs discriminatoires qui font d&eacute;faut &agrave; l&rsquo;&eacute;quit&eacute; et &agrave; l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des chances.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Beaucoup de personnes, si ce n&rsquo;est la majorit&eacute;, s&rsquo;int&eacute;ressent au secteur de l&rsquo;enseignement au Maroc et en font leur propre &eacute;valuation, du fait de leur implication directe en tant qu&rsquo;acteurs ou indirecte en tant que partenaires. D&rsquo;autant plus que ce secteur tient une place strat&eacute;gique dans la vie des peuples, car c&rsquo;est par l&rsquo;enseignement qu&rsquo;on &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":8788,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-4245","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4245","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4245"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4245\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8788"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4245"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4245"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/badilpress.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4245"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}