{"id":4469,"date":"2016-12-06T19:34:50","date_gmt":"2016-12-06T19:34:50","guid":{"rendered":""},"modified":"2018-03-24T06:50:16","modified_gmt":"2018-03-24T06:50:16","slug":"a-ne-pas-rater-le-gazoduc-trans-afrique-de-louest-un-reel-projet-dintegration-economique-regionale-avec-jilali-chafik","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/badilpress.com\/?p=4469","title":{"rendered":"A NE PAS RATER \u2026Le gazoduc trans Afrique de l\u2019Ouest : Un r\u00e9el projet d\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique r\u00e9gionale  \u2026 AVEC JILALI CHAFIK"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;id&eacute;e de construire un r&eacute;seau de gazoduc en Afrique de l&rsquo;Ouest pour la commercialisation du gaz africain dans le continent et son acheminement &eacute;ventuel vers l&rsquo;Europe, a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e par la conf&eacute;rence des Ministres Africains des Transports et des Communications, tenue au Caire en mars 1983. Cette-ci a adopt&eacute; la r&eacute;solution ECA\/UNTACDA\/Res.83\/28 relative &agrave; l&rsquo;&eacute;laboration d&rsquo;une &eacute;tude de pr&eacute;faisabilit&eacute; sur la commercialisation du gaz naturel en Afrique, propos&eacute;e par la d&eacute;l&eacute;gation du Royaume du Maroc &agrave; cette conf&eacute;rence. Cette &eacute;tude devrait examiner la faisabilit&eacute; d&rsquo;un tel projet et proc&eacute;der &agrave; une analyse comparative entre les diff&eacute;rents modes et sch&eacute;mas de transport pour la commercialisation du gaz africain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La m&ecirc;me ann&eacute;e, la 10<sup>&egrave;me<\/sup> conf&eacute;rence des Ministres de la CEA\/ONU (regroupant les Ministres africains de la Planification) a appuy&eacute; la proposition d&rsquo;une telle &eacute;tude, en lan&ccedil;ant un appel &agrave; la communaut&eacute; internationale et aux organisations comp&eacute;tentes des syst&egrave;mes des Nations Unies, afin de mener &agrave; bien cet important projet.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;tude en question a &eacute;t&eacute; confi&eacute;e &agrave; un groupement de bureaux d&rsquo;&eacute;tudes allemand et autrichien et a &eacute;t&eacute; cl&ocirc;tur&eacute;e en f&eacute;vrier 1990.&nbsp; Elle a couvert les 15 pays africains producteurs ou potentiellement producteurs de gaz. Les principales conclusions de l&rsquo;&eacute;tude se r&eacute;sument comme suit&nbsp;:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>Gr&acirc;ce aux r&eacute;serves importantes prouv&eacute;es en gaz naturel (les r&eacute;serves du Nig&eacute;ria &agrave; lui seul, sont de l&rsquo;ordre de 5.200milliards de m&egrave;tres cubes), l&rsquo;Afrique pourrait &ecirc;tre en mesure de r&eacute;pondre &agrave; la demande du continent et de se positionner sur le march&eacute; international, notamment europ&eacute;en, eu &eacute;gard &agrave; sa position privil&eacute;gi&eacute;e aux confins de l&rsquo;Europe et &agrave; l&rsquo;importance des &eacute;changes commerciaux entre les deux continents&nbsp;;<\/li>\n<li>La commercialisation du gaz naturel en Afrique ne d&eacute;passe gu&egrave;re les 40% de la production des pays africains. De plus, 50 milliards de m&egrave;tres cubes sont perdus chaque ann&eacute;e en raison du manque d&#39;infrastructures pour les capturer&nbsp;;<\/li>\n<li>Parmi les syst&egrave;mes de conduite et de modes de transport pour la commercialisation du gaz en Afrique, &eacute;tudi&eacute;s et compar&eacute;s, le projet de r&eacute;seau de gazoduc reliant le Nig&eacute;ria au Maroc serait le plus avantageux et pourrait aider les pays africains non producteurs &agrave; s&rsquo;approvisionner le long de son trajet en contribuant notamment, &agrave; l&rsquo;int&eacute;gration r&eacute;gionale des &eacute;conomies des pays de transit, &agrave; l&rsquo;am&eacute;lioration du niveau de vie de leurs populations par la cr&eacute;ation d&rsquo;emplois pendant la construction et l&rsquo;exploitation du gazoduc et au respect de l&rsquo;environnement, en pr&eacute;servant les for&ecirc;ts africaines en nette r&eacute;duction et en r&eacute;duisant de mani&egrave;re cons&eacute;quente les &eacute;missions de gaz &agrave; effet de serre.<\/li>\n<li>Ce projet de gazoduc partirait du golfe de Guin&eacute;e au Nig&eacute;ria, passerait par le Niger, le Mali et la Mauritanie, d&eacute;boucherait au nord du Maroc sur le d&eacute;troit de Gibraltar et se prolongeraiten Espagne. Il aurait une longueur terrestre de 4.200 km avec une conduite principale con&ccedil;ue pour une capacit&eacute; maximum d&rsquo;environ 100 millions de m3 par jour et un diam&egrave;tre d&rsquo;environ 1,5m. Le projet pr&eacute;sente un taux interne de rentabilit&eacute; financi&egrave;re (TIR) encourageant.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le choix de la travers&eacute;e du d&eacute;troit de Gibraltar est dict&eacute; par des consid&eacute;rations d&rsquo;optimisation du trac&eacute; dans sa partie marine, en pr&eacute;sentant des conditions techniques et &eacute;conomiques avantageuses. Il s&rsquo;agit du couloir reliant le Cap Spartel au Maroc &agrave; Punta Paloma en Espagne dont la distance reliant les deux rives est de 45 km et dont la profondeur maximum est inf&eacute;rieure &agrave; 300 m. Ce couloir &agrave; fait l&rsquo;objet d&rsquo;intense &eacute;tudes d&rsquo;investigations marines et a servi &agrave; la r&eacute;alisation du gazoduc en exploitation entre l&rsquo;Alg&eacute;rie, le Maroc et l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ceci est de nature &agrave; r&eacute;duire de mani&egrave;re cons&eacute;quente les co&ucirc;ts de construction, d&rsquo;exploitation et d&rsquo;entretien de la travers&eacute;e de la M&eacute;diterran&eacute;e, comparativement &agrave; d&rsquo;autres couloirs, notamment celui reliant Beni Saf pr&egrave;s d&rsquo;Oran en Alg&eacute;rie &agrave; Almeria en Espagne. Ce dernier s&rsquo;&eacute;tend sur une distance de 200 km et traverse des profondeurs qui d&eacute;passent les 900 m.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les conclusions de l&rsquo;&eacute;tude susmentionn&eacute;e, ont &eacute;t&eacute; examin&eacute;es et adopt&eacute;es par la conf&eacute;rence des Ministres Africains des Transports et des Communications et le projet devrait faire l&rsquo;objet d&rsquo;une &eacute;tude exhaustive de faisabilit&eacute; pour &eacute;tablir sa viabilit&eacute; technico-&eacute;conomique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>N&eacute;anmoins, l&rsquo;Alg&eacute;rie dans sa politique h&eacute;g&eacute;moniste et son hostilit&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;gard du Royaume du Maroc, a saisi l&rsquo;opportunit&eacute; d&rsquo;am&eacute;lioration de la coop&eacute;ration politique et des relations bilat&eacute;rales avec le Nig&eacute;ria, durant la d&eacute;cennie 2010, pour relancer le projet &agrave; son profit en &eacute;cartant le Maroc de son trac&eacute; et en faisant fi des r&eacute;solutions adopt&eacute;es par les instances africaines. Ainsi, une nouvelle &eacute;tude de faisabilit&eacute; technico-&eacute;conomique a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;e par un bureau d&rsquo;&eacute;tudes anglais, pour le compte de la soci&eacute;t&eacute; alg&eacute;rienne Sonatrach et son homologue nig&eacute;riane, ayant conduit &agrave; des conclusions satisfaisantes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En juillet 2009, un accord intergouvernemental a &eacute;t&eacute; sign&eacute; entre l&rsquo;Alg&eacute;rie, le Nig&eacute;ria et le Niger pour la construction de ce projet, dans sa nouvelle version, d&eacute;nomm&eacute; &laquo;&nbsp;Trans Sahara Gas Pipeline&nbsp;&raquo; (TSGP) d&eacute;vi&eacute; du d&eacute;troit de Gibraltar vers le couloir Beni Saf &#8211; Almeria pour la travers&eacute;e de la M&eacute;diterran&eacute;e, en projetant sa mise en service &agrave; l&rsquo;horizon 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le TSGP aurait une longueur terrestre de 4.128 km (25% au Nig&eacute;ria, 20% au Niger et 55% en Alg&eacute;rie), avec une conduite d&rsquo;un diam&egrave;tre de 1,3 &agrave; 1,5 m et une vingtaine de stations de compression, permettant d&rsquo;acheminer entre 20 et 30 milliards de m3 par an. Le co&ucirc;t global de construction est de l&rsquo;ordre de 13 milliards de US$ (prix 2010).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Or, ce trac&eacute; n&rsquo;a jamais suscit&eacute; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de la communaut&eacute; africaine et pose beaucoup de probl&egrave;mes li&eacute;s &agrave; la travers&eacute;e de zones ins&eacute;curis&eacute;es au Nord du Niger,connue par la pr&eacute;sence d&rsquo;Al Qaida au Maghreb Islamique, organisation arm&eacute;e maitrisant particuli&egrave;rement le terrain qui prend de plus en plus de l&rsquo;ampleur, de zones tr&egrave;s peu peupl&eacute;es facilitant son sabotage et &agrave; son co&ucirc;t de sa construction notamment dans sa partie maritime.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, le projet initial, approuv&eacute; au pr&eacute;alable par les instances africaines, a &eacute;t&eacute; remis sur le tapis, &agrave; l&rsquo;occasion de la visite au Nig&eacute;ria, de Sa Majest&eacute; le Roi Mohammed VI, avec une nouvelle vision strat&eacute;gique. Celle de faire b&eacute;n&eacute;ficier l&rsquo;Afrique de ses ressources naturelles pour un d&eacute;veloppement &eacute;conomique durable permettant la pr&eacute;servation des for&ecirc;ts en d&eacute;gradation perp&eacute;tuelle du fait de l&rsquo;action conjugu&eacute;e de l&rsquo;homme et de l&rsquo;impact de la d&eacute;sertification et la r&eacute;duction du gaz &agrave; effet de serre. En effet, la mise en place d&#39;un r&eacute;seau d&#39;infrastructures gazoduc couvrant les 15 pays de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest permettrait &agrave; celle-ci d&#39;&eacute;tendre et de s&eacute;curiser ses services &eacute;nerg&eacute;tiques d&#39;une mani&egrave;re rentable. Le projet constituerait&nbsp; un instrument de coh&eacute;sion, indispensable &agrave; un d&eacute;veloppement harmonieux et durable de la Communaut&eacute; de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest en favorisant la mise en place d&rsquo;un espace &eacute;conomique int&eacute;gr&eacute;. Il devrait permettre &agrave; l&rsquo;Europe de diversifier ses sources d&rsquo;approvisionnement, en fournissant une autre plate-forme pour une &eacute;nergie durable et fiable.<\/p>\n<p>La r&eacute;alisation de ce projet se heurtant, n&eacute;anmoins aux contraintes financi&egrave;res dans une p&eacute;riode de vaches maigres, devrait dans son trac&eacute; &eacute;ventuel minimiser le nombre de pays travers&eacute;s et &eacute;viter les zones ins&eacute;curis&eacute;es. Il traverseraitles territoires des pays suivants avec des branchements vers les autres pays situ&eacute;s le long de la cote atlantique:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>Au Nig&eacute;ria, le projet prend naissance au Delta du Niger, et se prolonge vers le Nord du pays, jusqu&rsquo;&agrave; la fronti&egrave;re Nord-Ouest avec le Niger.<\/li>\n<li>Au Niger, le projet transiterait par la partie Sud-Ouest le long de la fronti&egrave;re avec le Burkina Faso dans une zone qui reste &agrave; l&rsquo;abri de l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; de la zone sah&eacute;lienne.<\/li>\n<li>Au Mali, le futur gazoduc traverserait le territoire dans sa partie oblique au Sud des villes de Gossi et Tombouctou, des zones peupl&eacute;es et cl&eacute;mentes par rapport au Nord du pays.<\/li>\n<li>En Mauritanie le projet pourrait suivre le trac&eacute; de la route s&eacute;curis&eacute;e reliantles villes de Nema et Nouakchott, se prolongeant le long de la c&ocirc;te atlantique vers la fronti&egrave;re avec le Maroc.<\/li>\n<li>Au Maroc le projet suivra la c&ocirc;te Atlantique, jusqu&rsquo;au d&eacute;troit de Gibraltar, avec la possibilit&eacute; d&rsquo;emprunter le gazoduc trans d&eacute;troit de Gibraltar r&eacute;alis&eacute; par les europ&eacute;ens loin des contraintes alg&eacute;riennes.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"margin-left:1.0cm\">&nbsp;<\/p>\n<p>Quant &agrave; sonfinancement qui reste &agrave; boucler, le projet ne devrait pas soulever de contraintes importantes au regard de son taux de rentabilit&eacute; &eacute;conomique et financi&egrave;re et ses impacts sociaux sur la r&eacute;gion de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Des soci&eacute;t&eacute;s p&eacute;troli&egrave;res &agrave; l&rsquo;instar de Total et Shellontd&eacute;j&agrave; manifest&eacute; un int&eacute;r&ecirc;t particulier &agrave; sa r&eacute;alisation.<\/p>\n<p style=\"margin-left:1.0cm\">&nbsp;<\/p>\n<p>Toutefois, la concr&eacute;tisation du projet devrait franchir beaucoup d&rsquo;&eacute;tapes, notamment la signature d&rsquo;accords intergouvernementaux entre les pays de transit, l&rsquo;harmonisation des normes de r&eacute;alisation du gazoduc, les &eacute;tudes d&rsquo;impact du projet sur l&rsquo;environnement, le calcul du prix r&eacute;el de l&rsquo;unit&eacute; transport&eacute;e, la signature d&rsquo;une directive commune entre l&rsquo;Union europ&eacute;enne et l&rsquo;Union africaine charg&eacute;e de g&eacute;rer ce projet et destinataire du gaz nig&eacute;rian, le probl&egrave;me de la travers&eacute;e des fronti&egrave;res, l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur probable des accords de l&rsquo;UMP, l&rsquo;inexp&eacute;rience des pays africains de transit pour g&eacute;rer rationnellement les grands ouvrages de transport, les droits juridiques&hellip;<\/p>\n<p>Le gazoduc trans-Afrique de l&rsquo;Ouest est un ouvrage qui contribuera ind&eacute;niablement &agrave; une meilleure int&eacute;gration &eacute;conomique durable de la r&eacute;gion de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, gr&acirc;ce ses impacts sur l&rsquo;attractivit&eacute; des investissements directs &eacute;trangers, la comp&eacute;titivit&eacute; des industries, la cr&eacute;ation d&rsquo;emplois et la pr&eacute;servation de l&rsquo;environnement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; L&rsquo;id&eacute;e de construire un r&eacute;seau de gazoduc en Afrique de l&rsquo;Ouest pour la commercialisation du gaz africain dans le continent et son acheminement &eacute;ventuel vers l&rsquo;Europe, a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e par la conf&eacute;rence des Ministres Africains des Transports et des Communications, tenue au Caire en mars 1983. 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